Recruter en agriculture relève déjà du parcours du combattant pour les exploitants agricoles. Mais la situation pourrait encore s’aggraver si rien n’est mené en matière d’attractivité, note le centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture dans une analyse qui vient de paraître.

Les services l’emportent

Le secteur de la production agricole ne concerne en effet qu’un tiers des élèves de l’enseignement technique agricole (de la quatrième au BTS). Et ce chiffre n’a cessé de reculer depuis 25 ans au profit du secteur des services à la personne et aux territoires. La majorité des élèves préparent en effet un bac professionnel dans ce secteur. Et la dynamique devrait d’ailleurs s’y confirmer ces prochaines années, en particulier pour les services aux personnes, avec l’effet conjugué du vieillissement de la population et de la réduction de la prise en charge par les familles.

En attendant, les secteurs agricoles, forestiers et de la pêche « sont confrontés à un véritable défi d’attractivité de leurs métiers, poursuit l’étude. Ils devront susciter de nouvelles vocations auprès des jeunes ». Car bien que le secteur continue à perdre des emplois en raison du renouvellement partiel des générations, l’agriculture continuera d’embaucher ces prochaines années, « en faisant appel à des connaissances techniques de plus en plus larges et des compétences plus affirmées en économie ».

Le vert dans le rouge

En revanche, la dynamique de création d’emplois liés à l’environnement s’est de son côté essoufflée. En dehors de l’agriculture biologique, « les effectifs du secteur stagnent, fortement tributaires des politiques publiques ». Les enjeux du secteur portent surtout sur l’ampleur des renouvellements attendus, notamment dans le domaine de l’énergie et de la gestion des déchets, sur la croissance de domaines liés à la construction ou à la dépollution des sites et sur le verdissement progressif de l’économie. « Plus que de nouveaux emplois, il s’agirait d’emplois devenus plus verts. »

Fils d’ouvriers ou d’employés

L’enseignement agricole rassemble aujourd’hui 2,5 % des jeunes en formation dans le second degré et le supérieur. À la rentrée de 2016, 200 000 jeunes étaient inscrits dans 811 établissements répartis sur l’ensemble du territoire.

Il est à noter que le nombre d’élèves a augmenté de près de 70 % en quarante ans et que leur origine s’est considérablement diversifiée. Les parents sont de plus en plus souvent ouvriers ou employés, et les enfants d’agriculteurs ne représentent plus, en 2015, que 12 % des élèves alors qu’ils constituaient plus de 40 % des effectifs trente ans plus tôt.

Rosanne Aries