Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a lancé le 24 mars 2020 un « appel à l’armée de l’ombre des hommes et des femmes (qui) n’ont plus d’activité », les invitant à « rejoindre la grande armée de l’agriculture française ». En raison des mesures de confinement pour lutter contre le coronavirus, le secteur agricole craint une pénurie de travailleurs saisonniers et est donc en quête de main-d’œuvre pour la récolte de fruits et légumes ou les semis de printemps.

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Une plateforme victime de son succès

L’appel de Didier Guillaume a été largement relayé par la FNSEA qui a appelé les volontaires à se rendre sur Wizifarm. Cette plateforme s’est adaptée à la situation en recensant les besoins des agriculteurs et les volontaires afin de les mettre en relation

« Plus de 40 000 personnes se sont inscrites » sur Wizifarm, « en proposant leurs disponibilités, avec derrière au moins 24 000 fiches très bien renseignées » (profil, disponibilité, zone géographique), a indiqué Jérôme Volle, viticulteur en Ardèche et président de la commission de l’emploi à la FNSEA.

Les 16 000 autres candidats potentiels ont été victimes, selon lui, du succès de l’opération : « Il y a eu un bug informatique, à un moment donné. Dans l’après-midi, il y a eu un rush qui a été compliqué à gérer », a-t-il expliqué. Il a précisé que ces personnes allaient être recontactées pour compléter leur fiche.

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Des candidats venus de toute la France

« L’idée, avec le Covid-19, c’est de trouver des gens à proximi, d’éviter les déplacements. On essaie de privilégier des employeurs du même territoire que les personnes qui se sont inscrites », a souligné Jérôme Volle. Il a précisé que les candidats viennent de « tout le territoire ».

Pour la FNSEA, les agriculteurs auront besoin de 200 000 personnes dans les trois prochains mois. « On a besoin de 50 000 personnes en mars, 80 000 en avril et 80 000 en mai », avait détaillé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, le mardi 24 mars 2020.

Parmi les candidats, « évidemment, on a des gens du monde rural, on a des gens aussi qui sont venus dans leur résidence secondaire ou chez des amis, et aussi des gens dans le périurbain », a indiqué Jérôme Volle.

Une activité professionnelle avant tout

« On comprend que certains ont envie d’aller à la campagne ou d’aller travailler dans l’agriculture, parce qu’étant confiné, ça permet de se dégourdir. Nous, on rappelle qu’on est dans une activité professionnelle, économique et que les gens qui s’inscrivent doivent prendre cela en considération », a averti le viticulteur

Principaux foyers de demande : les travaux de récoltes de fruits et légumes, notamment dans le Sud-Est et le Sud-Ouest, mais aussi « le nord de la France, avec les endives », même si certains exploitants craignent avant tout de ne pas pouvoir écouler leurs marchandises, après la fermeture des marchés.

Des bras pour récolter, mais aussi conduire des engins, « éclaircir » les arbres fruitiers ou finir la taille de la vigne sont notamment recherchés, mais en utilisant « toutes les barrières sanitaires » : « La campagne, ce n’est pas que le grand air, c’est aussi des zones où on peut contracter le Covid-19 », a souligné Jérôme Volle.

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M.-A. B, avec l’AFP