Distributeurs automatiques, sites de vente en ligne, livraison à domicile… Tous ces modes de commercialisation explosent dans le monde agricole. Ils ont été présentés lors d’une conférence organisée par Agriconomie sur le village start-up du Sima ce lundi 27 février 2017.

Diversifier pour sécuriser

« Avec la fluctuation des prix, j’ai dû me diversifier pour sécuriser ma marge nette », explique Pierre Cognet, agriculteur dans la Marne. Il a décidé de se tourner vers la vente directe auprès des restaurateurs en diversifiant sa production. Pierre a pu faire cela un créant un outil d’ensachage en achetant les machines nécessaires d’occasion par internet.

« L’internet a permis de faire se rencontrer l’offre et la demande pour des produits qui ne sont pas forcément des best-sellers par exemple », explique Olivier Mathiot, PDG de la place de marché en ligne Price Minister. Il raconte que l’internet a permis d’apporter une promesse de prix aux consommateurs tout en proposant un panel de produits inégalable. « La suite de l’évolution de la vente en ligne était la proposition de service. Maintenant, les ventes peuvent se faire avec un conseil personnalisé », poursuit-il.

Créer un lien entre le produit et le consommateur

Le secteur agricole a saisi les opportunités offertes. De nombreux sites ont vu le jour comme Monpotager.fr. « J’ai voulu créer un lien entre le produit et le consommateur », explique Thierry Desfroges, son fondateur. Il propose aux citadins de commander en ligne leur propre potager et de communiquer directement avec l’agriculteur qui fait pousseur leurs produits.

« En plus de combattre la défiance des consommateurs, nous ambitionnons de mettre à profit nos datas », précise-t-il. Avec 25 000 inscrits, le site internet peut confier à ses agriculteurs adhérents les variétés les plus consommées à l’instant t.

Une mutation à intégrer

« Tous ceux qui ne prendront pas en compte les mutations technologiques du monde agricole, les attentes sociétales tout en intégrant le digital, n’existeront plus demain », affirme Phillipe Royer, directeur de Seenergi. De nombreux autres modes de commercialisation naissent chaque jour. « La main-d’œuvre est trop chère sur l’exploitation. Nous travaillons maintenant sur la vente 7 jours sur 7 par distributeur », raconte Pierre Cognet.

Selon les intervenants, l’avenir c’est la livraison de produit frais en un temps record. Le défi logistique est encore colossal mais Pierre rappelle « qu’il faudra bien nourrir les Parisiens quoi qu’il arrive ».

C. L. J.