Bourbon, beurre de cacahuète, cranberries (canneberges) ou encore jus d’orange. Voici quelques-uns des produits agricoles américains que l’Union européenne envisage de taxer si les États-Unis mettent à exécution leur menace sur l’acier et l’aluminium européen. La liste complète des produits agricoles élaborée par Bruxelles devrait rapidement être rendue publique. Cecilia Malmström, la commissaire européenne, l’a annoncé ce 7 mars 2018 à l’issue d’une réunion du collège des commissaires.

« Des doutes sérieux »

« Bien des choses laissent à penser que le président Trump dans les jours qui viennent pourrait signer une décision appliquant des droits de douane de 25 % sur l’acier et 10 % sur l’aluminium importé, rappelle-t-elle. Nous avons de sérieux doutes quant à [la] justification [de ces sanctions et à leur] compatibilité avec les règles de l’OMC. Si cette mesure devait être prise, elle mettrait en péril des milliers d’emplois dans l’Union européenne et il faut une réaction ferme et proportionnelle. »

La réponse de la Commission comprend deux autres mesures. La première est un recours devant l’OMC. « Nous prenons contact avec différents partenaires dans le monde qui souffriraient aussi de ces mesures [annoncées par les États-Unis] pour coordonner nos efforts, détaille Cecilia Malmström. Mais ces actions prenant du temps, il faut en examiner d’autres que l’on pourra mettre en place plus rapidement le cas échéant. »

« Trois axes »

Le deuxième train de mesures concernerait le marché européen de l’acier et de l’aluminium dans le but de le protéger. La fermeture des frontières américaines pourrait se traduire par une arrivée massive de marchandises aux portes de l’Europe. « Selon les chiffres du ministère américain du Commerce, les importations américaines d’acier pourraient se réduire de 15 millions de tonnes, poursuit-elle. Nous envisageons une mesure de sauvegarde » de notre marché.

La commissaire a beaucoup insisté sur la compatibilité des mesures envisagées par l’Union européenne avec les règles de l’OMC par opposition à celles envisagées par les États-Unis. Pour Cecilia Malmström, « le protectionnisme ne peut être la réponse, il ne l’est jamais. L’Union européenne reste disponible pour continuer à travailler avec les États-Unis. Elle a toujours été et reste un fervent partisan d’un système commercial mondial ouvert et fondé sur des règles. »

E.R.