Carrefour veut presque quadrupler son chiffre d’affaires dans le bio à 5 milliards d’euros en 2022, et apporter un « soutien financier » aux agriculteurs pour leur conversion vers le bio.

Dans les grandes métropoles européennes, le groupe veut ouvrir au moins 2 000 magasins de proximité dans les cinq prochaines années.

Le virage numérique mal négocié

Dans son plan de transformation, Carrefour s’est par ailleurs fixé un objectif de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le commerce en ligne alimentaire. Il prévoit en outre d’investir 2,8 milliards d’euros sur 5 ans, « soit six fois plus » qu’actuellement, pour se renforcer dans le numérique. Il lancera en 2018 un site unique en France, Carrefour.fr, qui aura pour vocation d’être élargi dans d’autres pays.

Le géant de la distribution annonce aussi ce 23 janvier 2018, un plan de 2 400 départs volontaires dans ses sièges en France, un plan de sauvegarde de l’emploi pour les 2 100 salariés de 273 magasins, ainsi qu’une réduction de coûts de deux milliards d’euros. « Carrefour n’a pas suffisamment évolué avec ses clients », a reconnu son PDG, Alexandre Bompard, lors d’une conférence de presse.

Suppression de postes et fermeture de magasins

Ces 2 400 suppressions de postes concernent les sièges du groupe, qui comptent actuellement 10 500 salariés sur 12 sites. Selon le PDG, la taille du siège est « démesurée » par rapport à la concurrence.

Le groupe annonce en outre une réduction des coûts de 2 milliards d’euros dès 2020 en année pleine, notamment via des économies sur la logistique et les coûts de structure.

Carrefour va également se séparer de 273 magasins de proximité anciennement Dia mais passés sous sa propre enseigne, qui emploient 2 100 personnes mais affichent d’importantes pertes. Le distributeur espère trouver des repreneurs et, pour les magasins qui fermeront. Alexandre Bompart ambitionne de pouvoir proposer « au moins » à la moitié des collaborateurs des « offres attractives » de reclassement.

Les hypermarchés préservés

Le PDG assure en revanche que le groupe n’avait « aucun projet » de fermeture d’hypermarchés en France. En Chine, où ses ventes reculent également, Carrefour prévoit de faire rentrer au capital de sa filiale deux acteurs locaux : le géant de l’internet Tencent et la chaîne de supermarchés Yonghui. Carrefour entend en rester le premier actionnaire.

Ces annonces étaient bien accueillies à la Bourse de Paris, où l’action Carrefour gagnait plus de 5 % vers 12h30. Avec 12 300 magasins sous enseigne dans le monde et 374 478 collaborateurs, le géant français de la distribution, qui était encore en 2001 le numéro 2 mondial du secteur, occupe désormais la neuvième place.

AFP