« Nous nous sommes fait doubler par la SNCF », constate Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA en annonçant le report des débats parlementaires sur la loi issue des États-généraux de l’alimentation ce 22 mars 2018. Présenté le 31 janvier 2018 en conseil des ministres, le projet de loi devait initialement être débattu à compter du 27 mars dans l’Hémicycle. Mais...
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« Nous nous sommes fait doubler par la SNCF », constate Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA en annonçant le report des débats parlementaires sur la loi issue des États-généraux de l’alimentation ce 22 mars 2018. Présenté le 31 janvier 2018 en conseil des ministres, le projet de loi devait initialement être débattu à compter du 27 mars dans l’Hémicycle. Mais c’était sans compter la réforme de la SNCF.

« Pour des raisons certainement politiques, et pour gérer les mouvements attendus faisant suite à l’annonce de la réforme de la SNCF, le gouvernement a fait le choix d’avancer le passage au parlement de cette réforme à la fin de mars, et il a donc repoussé la loi issue des États-généraux de l’alimentation », ajoute-t-elle. Les discussions sur la SNCF devant se poursuivre en avril, le projet de loi sur l’alimentation ne serait débattu qu’à partir du 17 mai.

« Les négociations commerciales se sont très très mal passées »

« Nous regrettons vivement cette décision, commente Christiane Lambert prévenue quinze jours plus tôt par des parlementaires. D’autant que ce qui nous revient des négociations commerciales, au travers des enquêtes anonymes menées par différentes organisations, démontre que ces négociations se sont très très mal passées. » Selon la FNSEA, 69 % des entreprises ont subi des menaces de déréférencement et 22 % des déréférencements. 47 % ont par ailleurs signé avec des baisses de prix.

« Après les États-généraux de l’alimentation, on aurait pu penser, la destruction de valeurs ayant été pointée partout, qu’il n’y allait y avoir que des hausses pour regagner de la valeur et mieux la répartir. Ces chiffres sont vraiment effrayants. 46 % des entreprises considèrent que les relations commerciales se sont dégradées en 2018 par rapport aux années précédentes. C’est-à-dire près de la moitié, ces données sont extrêmement graves. »

L’Autorité de la concurrence pointée du doigt

Autre chiffre donné par la FNSEA : « 98,5 % des entreprises considèrent que le rapprochement d’enseignes, c’est-à-dire les alliances à l’achat faites en 2014, ne représente pour elles aucune source d’opportunité, puisque ça n’a fait au contraire que les « pressuriser » davantage. Ce qui nous pousse à redire très fort à l’Autorité de la concurrence qu’elle a certainement insuffisamment appréhendé ou mal jugé les conséquences de ces rapprochements en 2014. »

Le syndicat a récemment envoyé un courrier à l’Autorité de la concurrence lui demandant de reconsidérer sa position « puisqu’elle avait à l’époque laissé passer ces regroupements de centrales d’achat, et nous, nous considérons que ça crée une position dominante aujourd’hui ».

En revanche, la présidente de la FNSEA s’est dite satisfaite des actions menées par la DGCCRF, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui « enquête plus et qui trouve plus de situations anormales, notamment chez M.Leclerc. Je crois que d’autres enquêtes vont avancer et déboucher sur d’autres affirmations qui vont dans le sens de ce que nous disons. À savoir, une pression à l’achat qui est extrêmement forte. »

La mobilisation se poursuit

« Ça n’enlève rien à notre détermination pour que cette loi ne soit pas amoindrie par rapport aux engagements qu’a pris le président de la République », ajoute Jérôme Despey, le secrétaire général de la FNSEA. Le syndicat s’est dit notamment très mobilisé sur toutes les tentatives de remises en cause du relèvement du seuil de revente à perte à 10 % ou encore sur l’encadrement des promotions.

Il sera question des États-Généraux de l’alimentation lors du Congrès de la FNSEA qui se tiendra du 27 au 29 mars à Tours, en présence de Serge Papin, P.-D.G. de Super U. « Avec son enseigne, il dira comment on peut recréer de la valeur », indique Christiane Lambert.

Rosanne Aries