« On ira devant la cour d’appel », a affirmé Charles Lagier, l’avocat de la fédération des chasseurs de l’Orne qui réclamait environ 106 000 euros au cinéaste pour des dégâts constatés entre 2014 et 2018 sur les terres d’agriculteurs voisins de Luc Besson et que la fédération a dû indemniser.

Le tribunal d’instance d’Argentan a « retenu tous nos arguments », a affirmé Jean-Marc Descoubes, l’avocat de Luc Besson. « Il n’est pas démontré de concentration anormale de gibier chez Luc Besson et le lien de causalité entre les dégâts constatés et l’éventuelle présence de cervidés chez lui n’est également pas démontré », a précisé l’avocat du réalisateur.

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Une centaine de cervidés

Charles Lagier, quant à lui, trouve le jugement « extrêmement subjectif ». « Le raisonnement global du tribunal c’est de dire : “Il y a beaucoup de cerfs mais ce n’est pas Luc Besson qui est à l’origine de cette prolifération et même s’il avait chassé il y aurait des dégâts” », a ajouté l’avocat.

Pour la fédération de chasse de l’Orne, « ne pas chasser quand on abrite une centaine de cervidés, c’est ne pas assumer les conséquences sociales de ce choix idéologique » qui « a des conséquences sur les voisins et sur les finances de la fédération » de chasseurs, selon Charles Lagier.

Luc Besson n’avait pas assisté à l’audience le 4 novembre 2019 devant le tribunal d’instance d’Argentan (Orne) mais sa mère et une de ses filles étaient présentes. Le réalisateur possède une propriété d’environ 160 hectares, dont la moitié de bois, à La Trinité-des-Laitiers, à l’orée de la forêt de Saint-Évroult, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est d’Alençon.

Un plan de chasse de neuf cerfs

« Le débat ici, ce n’est pas chasser [ou pas, NDLR]. C’est payer. Il ne chasse pas. Dont acte. On est en démocratie. C’est son droit. Mais soit il respecte le plan de chasse, soit il assume financièrement », avait plaidé Charles Lagier.

« Luc Besson a accepté un plan de chasse en 2017 », déterminé par la fédération et qui prévoyait qu’il tue neuf cerfs. « Cette année-là, les dégâts aux cultures ont augmenté. Alors, Luc Besson il fait quoi ? C’est à se tirer les cheveux », avait assuré Jean-Marc Descoubes. Le bois du cinéaste représente « 1 % de la forêt de Saint-Evroult. Ça n’est pas un espace vital pour les cerfs », avait aussi plaidé l’avocat du cinéaste.

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AFP