Dublin, dont le Royaume-Uni est le principal partenaire commercial au sein de l’Union européenne, devra entrer en mode de « gestion de crise » avec la nécessité d’adopter 45 textes législatifs en urgence, selon ce plan de 133 pages.

L’agriculture parmi les secteurs menacés

« Pour l’Irlande, un Brexit sans accord pourrait potentiellement avoir un impact macroéconomique, commercial et sectoriel grave », en particulier pour « les flux commerciaux, les chaînes d’approvisionnement, le marché du travail, la confiance des consommateurs et les dépenses ».

Les secteurs économiques qui seraient les plus touchés sont l’agriculture, la pêche, l’aviation la pharmacie et la chimie et le commerce, recense-t-il encore. Parmi les mesures prévues figurent l’achat de terrain près des ports de Dublin et Rosslare pour faire face aux embouteillages craints en raison des nouvelles formalités douanières qui devront être imposées.

Le rapport évoque aussi le recrutement d’employés supplémentaires pour les ministères du Revenu et de l’Agriculture et un engagement à maintenir une coopération étroite avec la province britannique d’Irlande-du-Nord voisine.

Le spectre d’une frontière physique

Habitants et entreprises des deux côtés de la frontière entre les deux Irlande, qui deviendra la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit, craignent le retour d’une frontière physique en cas de sortie sans accord entre Londres et Bruxelles, ce que le gouvernement irlandais se refuse pour l’instant d’envisager.

Mercredi, la Commission européenne avait publié les mesures qu’elle prévoit en cas de non-accord concernant notamment des secteurs pour lesquels une rupture brutale le 29 mars 2019 serait une source de « perturbation majeure » pour les citoyens comme pour les entreprises : les services financiers, les transports aériens, les douanes et la politique climatique.

Londres a de son côté annoncé mardi la mobilisation éventuelle de 3 500 militaires « prêts » à intervenir en soutien des services gouvernementaux en cas de non-accord, ainsi que de l’octroi d’une enveloppe de 2,2 milliards d’euros utilisée notamment pour recruter du personnel destiné à la police des frontières et aux douanes.

AFP