Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

La loi Alimentation laisse un goût amer

Bilan - La loi Alimentation laisse un goût amer
Un an après sa promulgation, la loi sur l’alimentation n’a pas permis de rééquilibrer le rapport de force entre les acteurs des filières alimentaires. © A. Massiot/Reportage

Le premier anniversaire de la loi sur l’alimentation adoptée après les États-généraux de l’alimentation laisse un goût amer aux agriculteurs et aux associations qui en attendaient beaucoup. La grande distribution évoque un bilan positif et demande d’attendre la fin de la période d’essai pour la juger.

Issue des États-généraux de l’alimentation (EGAlim) et promulguée au début de novembre 2018, la loi est censée protéger les producteurs, en visant une meilleure répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne alimentaire, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs.

Mettre fin à la guerre des prix

La loi devait permettre de sortir de la guerre des prix entre les enseignes de la distribution, qui réclament des tarifs toujours plus bas auprès de leurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, qui eux-mêmes achètent à leur tour le moins cher possible auprès des agriculteurs en bout de chaîne, qui vendent à perte et n’arrivent pas à vivre de leur travail.

Un an après sa promulgation, le bilan qu’en tire un collectif d’associations environnementales, de consommateurs et de solidarité paysanne et rurale, est sévère : le rapport de force « d’un point de vue économique » reste « encore défavorable aux agriculteurs au profit de la transformation et de la grande distribution ».

Des associations déçues

Sur le sujet du bien-être animal, « le texte a très peu fait évoluer les pratiques ». Quant aux mesures concernant l’alimentation « sûre et saine », elles sont insuffisantes, estiment les associations regroupées au sein d’une « Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire ».

« Les dispositions nouvelles [interdiction de la vente à perte en grande surface via une augmentation de 10 % du seuil de revente à perte (SRP), et encadrement des promotions, NDLR] ont généré une augmentation des prix [pratiqués par la grande distribution], sans que les effets positifs souhaités sur le revenu des paysans soient garantis », soulignent-elles.

« Un chèque en bois pour les agriculteurs »

La Confédération paysanne et l’UFC-Que Choisir qualifient ainsi le système du SRP de « chèque en blanc de 1,6 milliard d’euros à la grande distribution » et d’un « chèque en bois pour les agriculteurs ».

Le SRP « a prouvé non seulement son inefficacité sur la rémunération des producteurs, mais pire, elle fait baisser les prix des fruits et légumes et engraisse la grande distribution, assure Pascal Beteille, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne. Il ne faut pas attendre un an de plus pour supprimer cette mesure ! »

« La grande distribution n’a pas joué le jeu »

« La grande distribution, les syndicats agricoles s’étaient mis d’accord pour une meilleure répartition de la valeur et aujourd’hui au bout d’un an, cette meilleure répartition de la valeur n’a pas eu lieu » […] parce que « la grande distribution n’a pas joué le jeu », accuse le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume.

« Le ministre dénigre de manière caricaturale et désobligeante le rôle de la distribution dans la mise en œuvre d’EGAlim », répond le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Jacques Creyssel. Les enseignes sont « mobilisées pour l’application de cette loi » et « les premiers bilans partagés avec les pouvoirs publics sont plutôt positifs », assure-t-il.

Guerre de communication

De plus, lors des négociations commerciales annuelles de 2018 entre producteurs et distributeurs, « une partie de cette loi n’avait pas encore été mise en œuvre, du fait de la publication tardive des ordonnances. On pourra donc faire un premier bilan significatif l’année prochaine », fait-il valoir.

Les PME agroalimentaires françaises qui fournissent la grande distribution s’estiment également victimes collatérales de cette loi, car leur taux de croissance des ventes en grandes et moyennes surfaces a été divisé par trois et leur nombre de nouvelles références a chuté dans les rayons, selon la Fédération des entreprises de France (FEEF).

Selon le cabinet Nielsen, depuis l’entrée en vigueur de la loi, « le poids des ventes sous promotion des PME (–1,9 point, à 19,4 %) s’est nettement plus réduit que chez les autres intervenants (–0,4 point à 24,4 % pour les grands groupes) ».

AFP
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Hors Série - Eau et Irrigation - réponses à ceux qui veulent couper les vannes

Dans la même rubrique

Nos dernières vidéos

Sélectionné pour vous

Guide de l'installation des jeunes agriculteurs - 6ème édition

35€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

La famine vaincue ?

19€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Manager une entreprise agricole durable

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER