Emmanuel Macron reçoit ce mardi après-midi, le 11 février 2020, les responsables des syndicats agricoles dix jours avant le début du Salon international de l’agriculture, alors que les sujets de crispation sont nombreux, des pesticides aux revenus des producteurs.

Le chef de l’État s’entretiendra d’abord avec Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, avant de recevoir à tour de rôle Samuel Vandaele (Jeunes Agriculteurs), Nicolas Girod (Confédération paysanne), Bernard Lannes (Coordination rurale) et Pierre Thomas (Mouvement de défense des exploitants familiaux), selon l’Élysée.

Des sujets chauds

Emmanuel Macron est de nouveau attendu au Salon international de l’agriculture, qui ouvre ses portes au public le 22 février, après avoir établi il y a un an un record en déambulant 14 heures et 40 minutes dans les allées du parc des expositions.

Cette année, le président de la République et le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume devraient être interpellés sur la mise en place, au 1er janvier, des zones de non-traitement aux pesticides (ZNT) de 5 à 10 mètres autour des habitations, qui provoquent un fort mécontentement chez les agriculteurs. Ceux-ci mettent tous leurs espoirs dans la possibilité de négocier des dérogations via l’adoption de chartes d’engagement départementales entre agriculteurs et riverains sous l’égide des préfets.

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Fraîchement élu, le nouveau président des chambres d’agriculture, Sébastien Windsor, a appelé de ses vœux la mise en place d’un moratoire d’application, « pour avoir une vision plus claire avec les organismes de recherche Anses et Inra, de tous les moyens modernes existants pour limiter les risques d’exposition » et pour pouvoir continuer le débat avec les collectivités, notamment sur l’urbanisation en zones agricoles.

Bilan mitigé des EGA

Concernant le revenu des agriculteurs, la loi EGAlim, ou loi sur l’alimentation, était censée protéger les revenus des agriculteurs qui vendaient à perte, en visant une meilleure répartition de la valeur entre les maillons de la chaîne alimentaire, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs de l’industrie agroalimentaire.

Après un an d’application, le bilan est très mitigé, de nombreuses filières estimant que le compte n’y est pas et faisant état de négociations toujours aussi compliquées avec la grande distribution. Les négociations entrent dans la dernière ligne droite et, comme chaque année, un premier bilan sera dévoilé lors du salon.

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Parmi les autres sujets de frustration des agriculteurs, l’annonce solennelle par Emmanuel Macron d’un nouveau « plan protéines », à l’échelle européenne cette fois, lors du Salon de l’agriculture et peu suivi d’effets, selon les producteurs d’oléoprotéagineux.

Avec l’AFP