Lundi, François Hollande a promis le versement des aides Pac 2015 avant la fin de l’été alors que les aides étaient d’abord prévues pour le premier trimestre de 2016 puis la fin de juin et que d’autres retards sont évoqués, notamment pour 2016.

« Les Paysans français ne savent plus à quel saint se vouer, dénonce la FNSEA. La France fait partie des rares États membres de l’Union dans l’incapacité de respecter les obligations européennes : information des agriculteurs sur l’établissement définitif de la valeur et du nombre de droit avant le 1er avril 2016 et paiement avant le 30 juin. »

Le syndicat regrette que le président de la République, dans son discours le 9 mai à Rungis, renvoie la responsabilité à Bruxelles plutôt que de reconnaître la « faute » de son administration. Elle « est dépassée, menacée d’implosion par le traitement des dossiers, l’Europe est un bouc émissaire facile ».

Une Administration « dépassée »

Même constat d’impuissance pour la Confédération paysanne qui dresse une liste de doléances qui n’en finit pas. « Les services de l’État ne parviennent pas à suivre : Telepac n’est pas complètement mis à jour pour les déclarations de 2016 pourtant ouvertes depuis le 1er avril, les visites rapides ne sont pas terminées, le travail administratif est sous-traité à l’étranger, les délais et le montant de paiement du solde de 2015 sont encore incertains, les paysans en redressement judiciaire sont toujours exclus de ces avances, la paperasse s’entasse et se contredit… À cela s’ajoutent les enveloppes du second pilier, en particulier des aides bio et des mesures agroenvironnementales, déjà épuisées alors qu’elles devaient servir jusqu’en 2020 ! »

De l’amateurisme

Pour la Coordination rurale, « le calendrier de versement […] qui vient d’être publié […] illustre l’amateurisme coupable de l’Administration dans la gestion de la réforme 2015. Aujourd’hui, malgré les dispositifs d’avances successives décidées au coup par coup et à la va-vite, et les annonces de versement imminent pour calmer les agriculteurs, leurs problèmes de trésorerie ne sont pas résolus. Pour ceux qui sont en redressement judiciaire, pour lesquels les DDT devaient soi-disant trouver des solutions, l’annonce d’un versement avant le 10 septembre 2016 est loin d’être une bonne nouvelle. Si en plus ils sont aussi dans la catégorie de ceux dont l’exploitation a connu une évolution considérée comme « complexe », ce sera alors au 15 octobre. [...]  L’amateurisme dans la gestion de la nouvelle Pac ne doit plus être de mise. La Coordination rurale se réserve la possibilité de saisir le défenseur des droits, afin de faire valoir ceux des agriculteurs envers qui l’État est devenu mauvais payeur. »

Arielle Delest