Les députés européens ont examiné le 18 décembre 2019 la compatibilité de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur avec le Green Deal, nouvel accord européen qui ambitionne une future politique communautaire plus verte et de faire de l’Europe le premier continent à être climatiquement neutre.

Imposer ses normes

Plusieurs députés européens sont convaincus que l’accord avec le Mercosur respecte la ligne tracée par le programme du Green Deal et donnerait à l’Union européenne des moyens de poursuivre ses objectifs climatiques et d’imposer ses normes en matière d’environnement, de travail et de droits de l’homme. Un avis partagé par le Conseil et la Commission européenne.

Pour Phil Hogan, commissaire européen au Commerce, « cet accord contribue aux objectifs du Green deal, la feuille de route vers la neutralité climatique présentée la semaine passée par l’Union européenne ». Il a ajouté qu’« un chapitre sur le commerce et le développement durable », faisait partie du traité, qui « comporte un engagement juridiquement contraignant de mise en œuvre effective » de l’accord de Paris sur le climat.

Phil Hogan a notamment rappelé les « engagements pris par le Brésil de parvenir à une déforestation illégale nulle » dans la forêt amazonienne. « La Commission restera vigilante » sur la bonne mise en œuvre de cet accord, a-t-il promis.

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Un tel accord « ne devrait même pas être envisagé »

Une position qui est loin de faire l’unanimité au sein du Parlement de Strasbourg. L’eurodéputé écologiste français Yannick Jadot a rappelé que « la déforestation au Brésil a été doublée cette année avec le président brésilien Bolsonaro ». Il estime que l’accord avec le Mercosur « ne devrait même pas être envisagé. Si on le résume à grands traits, c’est exporter des voitures allemandes pour importer du bœuf et du soja. Ça ne peut pas être ça l’Europe du Green Deal », a-t-il lancé.

La signature formelle du texte par l’Union européenne et le Mercosur n’est pas attendue avant fin 2020. Il faudra encore convaincre certains États membres récalcitrants, comme la France, dont le gouvernement a affirmé qu’il ne signerait pas cet accord. Les eurodéputés auront aussi leur mot à dire pour que le texte puisse entrer en application provisoire, le temps qu’il soit ensuite ratifié par l’ensemble des États membres.

B.Q avec l’AFP