Alors que le plan Ecophyto 2018 affiche un objectif de réduction de 50 % d'utilisation de pesticides, l'Inra de Dijon travaille depuis 2000 sur des systèmes de culture en protection intégrée. Les résultats, exposés le 26 juin sur le domaine expérimental d'Epoisses, montrent qu'il est possible de maîtriser la flore herbicide en ayant peu recours aux herbicides.

Ces systèmes en protection intégrée permettent de diminuer l'IFT (indice de fréquence de traitement) total de 50 à 80 % et de réduire le stock semencier des adventices. « Le changement de système a aussi provoqué un changement de la flore », précise Nicolas Munier-Jolain de l'unité Agroécologie du centre Inra de Dijon.

Concernant l'organisation du travail, le bilan est mitigé. « Le temps de travail est augmenté de 10 % en moyenne en protection intégrée, mais, avec la diversification des cultures, les tâches sont mieux réparties tout au long de l'année, » précise le chercheur. Mais cette diversification pose aussi un problème pour la rentabilité économique.

« Les charges phytosanitaires diminuent de 100 à 170 €/ha en système de protection intégrée mais les charges de mécanisation augmentant, au final, l'économie n'est “que” de 100 €/ha, compte Nicolas Munier-Jolain. Dans le même temps, le produit diminue, d'une part à cause des rendements de blé en baisse de 20 % avec les semis tardifs notamment, et d'autre part à cause d'une valorisation plus difficile dans la région des cultures de diversification (soja, sorgho, tournesol, orge de printemps...). Au final, les pertes ne sont pas compensées par la diminution des charges. Une baisse de l'ordre de -100 €/ha, pour un contexte de prix moyen, est retenue pour les systèmes en protection intégrée. »

Pour aller plus loin dans les systèmes de rupture, l'Inra de Dijon travaille également depuis cinq ans sur le semis direct sous couvert afin de concilier réduction d'usage d'herbicide, maîtrise des infestations et amélioration du bilan énergétique.

Il reste à ce que l'Inra communique encore davantage sur ces résultats auprès des agriculteurs.

F.M.