Informé par le producteur, Kevin Duval, que ses légumes n’atteindraient pas le calibre espéré, Kultive a signalé le don sur l’application créée par Solaal. Ce jeudi 16 octobre, deux volontaires du Secours populaire sont donc venus chercher les 1 500 kg de poivrons directement chez le maraîcher avec une camionnette.

« Les poivrons ont été récoltés hier, ils sont tous frais. Si Solaal ne nous avait pas aidés, nous aurions été forcés de les jeter », indique Anthony Langlais, directeur général de Kultive.

Dix tonnes de légumes sauvés en 2019

Kultive, qui commercialise près de 60 000 tonnes de légumes chaque année, travaille avec Solaal depuis 2016. En 2019, ce sont près de dix tonnes de légumes qui ont échappé au gaspillage grâce à ce partenariat. « Solaal nous fait gagner du temps, en centralisant les relations avec les associations de l’aide aux personnes », se félicite Anthony Langlais.

En maraîchage, les pertes peuvent être de deux ordres. Certaines productions, comme les poivrons de ce 16 octobre, peuvent être destinées à la benne avant même leur récolte. « À-coups de production, calibres pas commercialisables : dans ces cas-là, la marchandise est consommable, mais elle n’est pas conforme aux attentes du marché », regrette Anthony Langlais.

Parfois, ce sont les clients qui refusent les légumes, en raison d’un étiquetage défectueux ou d’un problème de qualité. « Auparavant, ces volumes étaient détruits par les distributeurs, mais nous préférons les donner sur place », affirme Anthony Langlais. Dans ce cas, Kultive déclare la localisation et le volume refusé à l’agréage sur l’application développée par Solaal, qui se charge de trouver une association intéressée près de la plateforme du distributeur.

Un potentiel encore inexploré

Pour Anthony Langlais, il existerait encore un grand potentiel du côté des dons agricoles. « Cet été, par exemple, avec la sécheresse, nous avons eu des grands à-coups de production, mais les volumes étaient tels que les associations n’étaient pas en capacité de venir tout récupérer », regrette-t-il.

Grâce à ses dons, Kultive bénéficie d’exonérations fiscales, et évite les frais de destruction que les distributeurs facturent en cas de refus d’agréage. Mais c’est avant tout pour éviter de gâcher le travail d’une saison que l’entreprise s’efforce de donner les légumes. « En tant que producteurs, nous préférons donner que jeter », rappelle Anthony Langlais.

Ivan Logvenoff