Les salariés finistériens des abattoirs Gad, voués au licenciement, se disaient déterminés le mercredi 23 octobre 2013 à poursuivre le blocage du site de Josselin (Morbihan), où une quinzaine de cars de CRS avaient pris place au lendemain de heurts entre ouvriers.

La cinquantaine de salariés de l'abattoir de Lampaul-Guimiliau (Finistère) arrivés sur place mardi matin, ont passé la nuit devant la porte de l'abattoir de Josselin, où Gad a choisi de concentrer ses activités après la fermeture de Lampaul, a constaté un photographe de l'AFP.

Une quinzaine de cars de CRS sont arrivés pendant la nuit, prêts à intervenir alors que les salariés finistériens empêchaient toute sortie de véhicules de l'usine. Mardi, des heurts ont eu lieu entre les manifestants et des salariés du site de Josselin, qui ont forcé le barrage afin laisser passer les camions.

« Les troupes d'irréductibles lampolais sont toujours aussi fraîches et déterminées », a déclaré à l'AFP Patrick Le Goaf, responsable FO de Lampaul et délégué du personnel, qui a passé la nuit dans sa voiture devant la porte de l'usine. « La nuit s'est très très bien passée, on a fait des tours de garde », a-t-il expliqué.

M. Le Goaf a dit s'attendre à ce que les CRS interviennent dans la matinée à la place des salariés de Josselin pour assurer la sortie de camions de l'usine. « Comme on n'est pas en surnombre, on va se faire virer. Mais on reviendra, on est têtus, c'est dans notre ADN », a-t-il assuré. Il a assuré ne pas en vouloir aux salariés de Josselin qui sont intervenus mardi contre leurs collègues finistériens, « mais à ceux qui leur en ont donné l'ordre ».

En redressement judiciaire depuis février, la société Gad SAS (abattage-découpe de porcs), victime de la crise de la filière porcine, a présenté un plan de continuation de l'activité. Ce plan a été validé le 11 octobre par le tribunal de commerce de Rennes, qui a entériné la suppression de 889 emplois, en grande majorité à l'abattoir de Lampaul-Guimiliau.

Comme pour attiser la colère des salariés licenciés, la direction de Gad a reconnu mardi recourir à des salariés étrangers pour assurer le transfert d'une partie des activités de Lampaul vers Josselin. « Il y aurait plus de cent intérimaires roumains qui seraient arrivés en fin de semaine dernière » à Josselin, a assuré à l'AFP Jean-Marc Détivelle, délégué FO du site de Lampaul. « C'est du dumping social, on se demande si, en France, plutôt que d'essayer de le combattre comme le gouvernement l'avait promis, ils n'ont pas décidé de se vautrer dedans », a-t-il dénoncé.