« S'accorder sur un plan d'action sur la sécurité alimentaire sans s'occuper des biocarburants et de la spéculation reviendrait à faire couler un bain sans boucher le trou de la baignoire. Toutes les bonnes idées s'échappent », a indiqué lundi Olivier De Schutter.

Cette sortie du rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation est une mise en garde à l'attention des Etats membres du G20, qui se réunissent jeudi et vendredi à Cannes.

Pour O. De Schutter, la sécurité alimentaire doit avoir un rang prioritaire dans l'agenda international, notamment en prévenant l'impact négatif des biocarburants et la spéculation sur les denrées alimentaires par « des changements réels ».

L'expert a exhorté les dirigeants du G20 à honorer les engagements qu'ils ont pris en juin à Paris.

« La famine continue dans la Corne de l'Afrique, les alertes sur les mauvaises prévisions des récoltes en Afrique de l'Ouest et les pertes de récoltes dues aux inondations en Asie du Sud-Est rendent urgentes des mesures pour limiter la volatilité des prix et l'aggravation de la famine. Le plan d'action adopté en juin par les ministres de l'agriculture du G20 est trop faible, » a estimé le rapporteur spécial.

Selon M. De Schutter, le G20 doit notamment mettre un terme aux subventions aux biocarburants qui sont un facteur majeur de la hausse des prix des denrées alimentaires. Il demande également qu'un ralentissement s'opère dans la ruée vers les terres arables des pays en développement.

« Le G20 doit mettre le droit à l'alimentation avant l'intérêt de ses industries », a souligné M. De Schutter. Il presse également le groupe des vingt pays les plus riches à veiller à ce que « le marché des produits alimentaires ne (devienne pas) un refuge lorsque les autres marchés financiers sont en crise ».

« Le G20 promeut de plus grandes réserves de nourriture pour pouvoir faire face à des crises telles que celle de la Corne de l'Afrique, mais des projets pilotes restreints sont manifestement insuffisants. Nous devons être ambitieux et utiliser des réserves de nourriture pour stabiliser les marchés. Si nous achetons les produits des petites exploitations lorsqu'elles sont abondantes et que nous les revendons en cas de pénuries, nous pouvons prévenir la volatilité des prix et les problèmes de ravitaillement qui sont responsables des crises humanitaires, » a déclaré M. De Schutter.

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