Les producteurs de blé (AGPB) et de maïs (AGPM) retiennent du G20 ses encouragements à la production agricole, incompatibles, selon eux, avec un « verdissement » de la Pac. La Confédération paysanne déplore les « fausses solutions et les faibles mesures » décidées à Cannes. Le Modef fait valoir que « la souveraineté alimentaire doit devenir un principe universel de base des politiques agricoles ».

« Dans le cadre du G20 de Cannes, comme lors du G20 agricole à Paris en juin, l'Europe a clairement pris l'engagement de produire plus pour relever le défi de la sécurité alimentaire dans le monde. Elle ne peut s'en dédire et ne saurait donc entériner les propositions de réforme de la Pac de la Commission européenne, qui, sous couvert de verdissement de cette politique, tendent à imposer des jachères masquées », estiment l'AGPB et l'AGPM dans un communiqué commun diffusé vendredi.

La « réaffirmation au plus haut niveau politique (du caractère prioritaire de la production et de la productivité agricoles partout dans le monde, NDLR) a également pour valeur de mettre encore plus en évidence les responsabilités de l'Europe et de la France quant à la satisfaction des besoins alimentaires mondiaux dans le futur, compte tenu de leur capacité à réaliser plus régulièrement que d'autres des récoltes élevées et au vu de l'accroissement considérable de la demande au sud de la Méditerranée, tout particulièrement ».

La Confédération paysanne et Via Campesina ont participé au Sommet des peuples à Nice pour « faire entendre la voix des paysan(ne)s et défendre la souveraineté alimentaire », indique un communiqué du 4 novembre 2011. « Ces organisations paysannes dénoncent les fausses solutions et les faibles mesures mises en place par le G20 pour éradiquer la faim et la malnutrition. [...] Pour assurer la sécurité alimentaire, les paysan(ne)s doivent avoir accès à l'eau, aux semences et à la terre. Cet accès est limité, notamment par le développement des agrocarburants et l'accaparement des terres, qui sont promus par le G20. Ce dernier propose de faciliter la recherche sur le génome du blé, notamment vers le développement de variétés OGM, ce qui réduira davantage l'autonomie paysanne. Par ailleurs, le G20 ne propose aucune mesure sérieuse pour interdire la spéculation sur les matières premières agricoles. »

Le Modef avait indiqué, dans un communiqué du 2 novembre, son soutien aux participants et manifestants du contre-sommet de Nice qui, « comme lui, revendiquent le droit des peuples à se nourrir eux-mêmes. En effet, l'alimentation ne doit pas être un instrument de domination ou d'aliénation et ne peut donc pas être soumise à une concurrence mondiale sauvage. Il doit en être de même pour les terres agricoles devenues objet de convoitises des multinationales de l'agroalimentaire, de l'agro-industrie et des finances. La souveraineté alimentaire doit devenir un principe universel de base des politiques agricoles de chaque nation ou groupe d'Etats afin de garantir aux peuples une alimentation saine et de qualité, et, aux paysans, une juste rémunération de leur travail ».

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