La Confédération paysanne et des associations partenaires ont manifesté mercredi à Paris « pour faire entendre la voix des paysans aux ministres de l'Agriculture du G20 », réunis les 22 et 23 juin 2011.

Une centaine de militants se sont retrouvés vers midi au jardin des Tuileries pour partager un « pique-nique festif, alternatif et actif ».

Selon la Confédération paysanne, « le G20 est illégitime pour traiter des questions d'agriculture mondiale ».

Pour le syndicat, porté par Artisans du Monde, Attac et Peuples solidaires/ActionAid, ainsi que d'autres associations solidaires comme Oxfam France, les cinq piliers pour une politique agricole mondiale luttant contre la volatilité, proposés par Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture français, « ne remettent pas en cause la promotion du système agricole productiviste et le diktat des lois du marché de l'agriculture mondiale ».

Les alternatives à ces cinq piliers « passent par un changement radical des politiques agricoles, des échanges mondiaux et des institutions internationales », souligne la Confédération paysanne. Le syndicat et ses partenaires « portent des alternatives basées sur la souveraineté alimentaire et non sur les marchés financiers ».

Les organisations paysannes, écologistes, ou solidaires réunies autour du deuxième syndicat agricole français, soulignent que les objectifs visés par les cinq piliers seraient acceptables, si la volonté de contrôler la volatilité des prix s'appuyait :

• sur le maintien en Europe des outils de maîtrise et de régulation (quota laitier, stocks de céréales...),

• sur l'arrêt de la spéculation sur les marchés financiers de dérivés,

• sur l'interdiction de l'accaparement des terres,

• sur l'arrêt de la pression internationale pour obliger les pays à supprimer des taxes aux frontières et la régulation des prix agricoles internes,

• sur la mise en place de réserves alimentaires permettant de juguler la volatilité des prix au plan national.

Les manifestants se sont ensuite rendus non loin de là au siège d'Euronext, place boursière incarnant notamment les marchés à terme agricoles, pour apporter leur message.

Lundi 20 juin, lors d'une conférence de presse en présence de la Confédération paysanne, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), parmi lesquelles Oxfam France, avaient dénoncé l'accord en préparation au sein des membres du G20 à propos de la volatilité des prix agricoles, le jugeant insatisfaisant sur la question des stocks, des biocarburants et du soutien à l'agriculture paysanne.

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