« Il n'y a pas de temps à perdre. » A quelques jours de la formation du nouveau gouvernement, le président de la FNSEA s'est déclaré attentif au choix du ministre de l'Agriculture et de son périmètre d'intervention.

Au-delà de l'étiquette politique (PS, Verts, PC) – même si un Vert serait un très mauvais signal, a-t-il fini par avouer, compte tenu de l'insistance des journalistes –, c'est la personnalité du futur locataire de la rue de Varenne qui lui importe (« pas trop formaté », « qui préfère le dialogue et la confrontation aux idées bien arrêtées ») et son domaine de compétences (« élargi à la dimension européenne et à l'agroalimentaire »).

Pour Xavier Beulin, « l'agriculture est une chance pour la France ». Elle mérite un superministère plutôt qu'un secrétariat d'Etat comme la rumeur de ces derniers jours le laisse entendre.

« Ce serait un très mauvais signal, en particulier au sein de l'UE », a-t-il déclaré. « Il faut sortir du paradigme dans lequel la France s'est enfermée, qui consiste à penser que la consommation est l'élément dominant de la croissance. Ce sont ces secteurs de production qui doivent faire la croissance. »

C'est pourquoi le président de la FNSEA plaide pour un « maillage plus intime entre production agricole et produits alimentaires ». Pour lui, ces deux secteurs sont interactifs, ne serait-ce que pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire ou d'exportation.

La FNSEA attend aussi les propositions du nouveau gouvernement pour améliorer la compétitivité de la filière. Faisant allusion à la TVA emploi, adoptée in extremis avant la passation de pouvoir et sur laquelle Hollande a promis de revenir, il a déclaré : « Je suis attaché aux résultats plus qu'aux moyens »...

Il est clair que la FNSEA entend « rester un interlocuteur » du nouveau gouvernement. Son premier conseil est d'ailleurs de « capitaliser sur les lignes de force ». A l'international, Xavier Beulin en voit au moins deux, qui sont à l'agenda de François Hollande dans les prochaines semaines : le G20 et la Pac.

Pour Xavier Beulin, les tentatives du président sortant pour lutter contre la volatilité des prix des matières premières doivent être poursuivies, qu'il s'agisse de gestion des stocks, d'encadrement des marchés ou de maîtrise des risques.

Les efforts doivent aussi se poursuivre sur la Pac : « préserver son budget parce que rien n'est encore acquis » et rendre « moins simpliste » et « pragmatique » le verdissement des aides du premier pilier. Au-delà, « nous attendons de l'Europe qu'elle protège, qu'elle rassure, autrement dit, qu'elle rapproche progressivement les normes sociales ».

La FNSEA a décidé de peser sur un autre thème, sur lequel on a moins l'habitude de l'entendre, même s'il préoccupe les agriculteurs au quotidien : la vitalité des territoires ruraux (accès aux soins, à la culture, etc.). C'est un enseignement tiré du premier tour des élections présidentielles, mais peut-être aussi (surtout ?) un thème de campagne fédérateur pour les élections aux chambres d'agriculture de janvier prochain.

A.De.