« Nous sommes pillés, vous êtes rackettés. » C’est ce que les consommateurs pouvaient lire ce 17 août 2017 sur des tracts distribués par le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), place de la Bastille à Paris. Des exploitants agricoles du Lot-et-Garonne ont acheminé deux camions de fruits et légumes, pour sensibiliser les Parisiens aux difficultés de la filière.

15 milliards d’euros pris sur le dos des producteurs

Le Modef accuse les intermédiaires d’acheter les produits à bas prix avant de les revendre à prix fort. « Tous les ans, ce sont 15 milliards d’euros qui sont ainsi piratés par la grande distribution sur le dos de paysans et des consommateurs », assure le syndicat.

Ce dernier propose la mise en place d’un coefficient multiplicateur qui s’applique au prix payé au producteur, et détermine un prix maximum au consommateur. Supprimé en 1986, ce système permettrait, selon le Modef, de garantir tant le pouvoir d’achat des consommateurs que la rémunération des agriculteurs.

Une concurrence déloyale

Le syndicat alerte aussi sur les dangers des importations, considérant qu’elles fragilisent les producteurs français, et représentent une concurrence déloyale. Pourquoi ? « Certaines ne sont pas conformes à notre réglementation, accuse Gilbert Dufourg, producteur de pommes de terre dans le Lot-et-Garonne. Le savoir-faire français est reconnu. Nous sommes très surveillés, et c’est normal, vis-à-vis de la santé publique. Mais nos concurrents ont accès au marché alors qu’ils ne vont pas dans ce sens. »

Hélène ChaligneJournaliste web