Le ministre marocain de l'Agriculture, Aziz Akhannouch, a appelé mercredi l'Union européenne « à respecter ses engagements », jugeant à nouveau « inacceptable » la décision de Bruxelles de modifier les conditions d'accès des fruits et légumes extra-communautaires au marché européen.

Les 28 ont avalisé en avril une mesure de restriction des méthodes de dédouanement de produits extra-communautaires, pour rendre plus transparent un système « source de critiques récurrentes », d'après l'UE. La décision doit entrer en vigueur le 1er octobre, et entraînerait un renchérissement des fruits et légumes non européens, le Maroc affirmant être le principal pays impacté.

« Nous avons signé un accord (d'association, en 1996), et à mi-chemin l'UE change les règles convenues de façon unilatérale. Ce n'est pas acceptable », a réaffirmé mercredi devant la presse M. Akhannouch. « J'ai discuté avec le commissaire de l'UE (Dacian Ciolos) et il y aura d'autres échanges toute la semaine pour trouver une solution protégeant les intérêts des deux rives. [...] Je pense qu'on arrivera à un accord. Il faut que l'UE respecte ses engagements », a-t-il ajouté.

Le ministre marocain s'exprimait en marge des Assises nationales de l'agriculture à Meknès, auxquelles assistent des ministres européens ainsi que les présidents guinéen et malien, Alpha Condé et Ibrahim Boubacar Keita. Un responsable de la Commission, Jerzy Plewa, est également attendu à Meknès afin de participer jeudi à l'ouverture de la 7e édition du Salon international de l'agriculture (Siam), dont l'UE est cette année l'invitée d'honneur.

Convoqué par le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, l'ambassadeur de l'UE à Rabat, Rupert Joy, a récemment souligné dans un communiqué que la mesure prise par Bruxelles s'appliquerait « uniformément à tous les fruits et légumes importés dans l'UE, de tous les pays du monde ». Mais le Maroc fait valoir qu'il est le principal concerné. Lors d'une manifestation, le 15 avril devant la délégation de l'UE à Rabat, un responsable du secteur avait évoqué une réduction « de moitié » des exportations.

Seul pays à disposer depuis 2008 d'un statut avancé avec l'UE, le Maroc est étroitement lié économiquement au Vieux continent et négocie depuis l'an dernier un Accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) avec Bruxelles. En 2013, les exportations agricoles vers l'UE ont atteint plus de 1,2 milliard d'euros, en premier lieu des tomates (22 %). Au Maroc, l'agriculture est le premier contributeur du PIB, à hauteur de 15 à 20 %.