Des sénateurs ont déposé le 25 novembre 2011 une proposition de loi « tendant à créer un fonds de prévention contre la prolifération du frelon asiatique ».

Concrètement, ce fonds servirait à soutenir les particuliers « qui sont contraints d'avoir recours à des prestataires privés en l'absence d'interventions publiques pour la destruction des nids. Ce fonds sera abondé par un prélèvement (de 0,5 %, NDLR) sur le produit de la vente des produits phytosanitaires », explique le texte soutenu par la sénatrice Nicole Bonnefoy.

Selon les sénateurs, « il apparaît souhaitable que, sous l'autorité conjointe du président du conseil général et du préfet des départements concernés, une “cellule de veille” où seraient représentés les élus locaux, des représentants de l'État et de la profession apicole soit mise en place afin de centraliser, au niveau du département, l'ensemble des informations et retours d'expérience collectés ».

« Cette cellule a pour mission d'établir une cartographie de l'infestation, de définir une politique de prévention de la progression du phénomène, d'établir une procédure de signalement, d'en assurer la promotion auprès de la population, et de mener des actions en vue de la protection des ruchers et de la destruction des nids », précise la proposition de loi.

Chaque cellule départementale transmettrait un bilan annuel de ses actions au Muséum national d'histoire naturelle, afin de centraliser les données relatives à la connaissance de l'espèce, envisagent les sénateurs.

Le frelon asiatique, « Vespa velutina » identifié pour la première fois en France en 2005 dans le Lot-et-Garonne, aujourd'hui présent dans 50 % des départements français métropolitains, indiquent les sénateurs, contribue au phénomène de surmortalité des abeilles dans la mesure où il est beaucoup plus vorace que notre frelon commun. Bien que plus petit que son cousin européen, le frelon asiatique se nourrit pour 80 % de son régime alimentaire avec des abeilles.

Par ailleurs, il pose un problème de santé publique dans la mesure où cette espèce peut s'avérer agressive envers l'homme, soulignent les sénateurs. Des cas mortels de piqûres ont même été rapportés ces derniers mois dans le Sud-Ouest en particulier, près de Bordeaux, où il est déjà bien implanté.

Les sénateurs auteurs de ce texte regrettent que l'Etat jusqu'à présent refuse de classer le frelon asiatique comme espèce nuisible, et pointent le coût « souvent prohibitif » de la destruction des nids pour les particuliers qui décident de faire appel à des désinsectiseurs. « De ce fait, peu de nids sont aujourd'hui détruits malgré les dangers qu'ils peuvent représenter », regrettent les sénateurs à l'origine de cette proposition de loi.

B.V.