(Article mis à jour le 18 juillet 2013)

Deux élues écologistes (EELV) du Sud-Ouest avaient saisi en janvier 2013 le ministre de l'Agriculture afin qu'il se mobilise pour la protection des abeilles, en autorisant l'utilisation du dioxyde de soufre (SO2) pour lutter contre le frelon asiatique. Stéphane Le Foll vient de transmettre cette demande à l'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation.

Selon les deux élues, la députée européenne Catherine Grèze et l'élue bordelaise Marie-Claude Noël, la Commission européenne, consultée sur ce point, avait proposé à la France « d'autoriser ponctuellement ce produit ».

« L'année dernière, Catherine Grèze interpellait la Commission européenne sur l'incompatibilité de cette interdiction avec la "directive instaurant un cadre d'action communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable (2009/128/CE)" . Dans sa réponse, la Commission européenne indiquait que, malgré l'absence d'inscription au registre européen des substances biocides, la France avait tout à fait le droit d'autoriser cette substance de manière non définitive tout en prorogeant l'autorisation », indiquent les deux élues dans un communiqué du 16 juillet 2013.

« Pour lutter contre cet insecte, les collectivités locales, maillon essentiel dans cette lutte, les apiculteurs et les autorités sanitaires se retrouvent démunis, écrivaient le 11 juillet 2012 les deux élues dans un communiqué : le dioxyde de soufre (SO2) est aujourd'hui le seul produit identifié. Pourtant, son utilisation est interdite car il ne figure pas au registre européen des substances biocides. Cette interdiction entraîne l'utilisation de produits beaucoup plus nocifs tels que les pesticides. »

Selon les élues, il s'agit d'un problème « purement réglementaire qui concerne toute la France, obligeant les collectivités engagées dans des objectifs "zéro phyto" à ne pas pouvoir tenir leurs engagements et employer un remède pire que le mal. En effet, le dioxyde de soufre est un gaz toxique et irritant, qu'il convient de manier avec précaution, mais dont les effets n'ont pas la rémanence des insecticides. Parmi ces derniers, le Protéus, un insecticide composé de deltamethrine, molécule autorisée pour lutter contre le frelon asiatique "bien connue pour son effet choc", dixit Bayer, est interdit en Allemagne et en Italie », relevait les deux élues.

A présent, le ministère de l'Ecologie a saisi l'Anses pour lui demander de trancher d'ici à la fin de juillet sur la manière de lutter contre cette espèce invasive, assurent les deux élues dans leur dernier communiqué. Selon l'AFP jeudi 18 juillet, l'avis de l'Anses est attendu « au cours de la deuxième quinzaine d'août ». En cas d'un avis positif de l'Anses, le ministère pourra alors réévaluer, s'il le souhaite, les conditions de mise sur le marché de la molécule.

Le Groupement de défense sanitaire des abeilles de la Gironde (GDSA 33), qui avait sollicité les deux élues au début de l'affaire, a déjà été reçu par le groupe de travail de l'agence, afin d'exposer ses arguments, indique le communiqué des élues EELV. Pour appuyer le GDSA 33, les deux élues « ont décidé d'écrire à l'agence pour rappeler l'avantage comparatif du dioxyde de soufre ».

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