Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement ukrainien ce mardi 17 décembre 2019. Venus à l’appel de partis et associations de fermiers, les manifestants protestent contre le futur examen en deuxième lecture d’un projet de loi visant à autoriser dès 2020 la vente de terres agricoles en Ukraine un texte qui suscite beaucoup d’appréhension. Le Parlement avait adopté le texte en première lecture en novembre dernier.

32,5 millions d’hectares de terres arables

Autrefois surnommée « grenier à blé de l’Europe », l’Ukraine dispose de 32,5 millions d’hectares de terres arables, soit presque le double de la France, parmi les plus fertiles au monde. Actuellement, celles-ci ne peuvent être que louées et non vendues. Selon les estimations de la Banque mondiale, l’ouverture du marché prônée par le président Volodymyr Zelensky pourrait entraîner 1,5 point de croissance supplémentaire chaque année en Ukraine, aujourd’hui parmi les pays les plus pauvres de l’Europe.

Certains protestataires ont jeté des pierres et des briques sur les policiers en tenue anti-émeute, qui ont répliqué en utilisant du gaz lacrymogène. Des manifestants ont ensuite commencé à installer des tentes dans la rue devant le Parlement.

Deux membres des forces de l’ordre ont été blessés et transportés à l’hôpital, selon la police, et au moins huit manifestants ont été interpellés et un autre hospitalisé.

Opposition forte au projet de loi

Selon les sondages, entre la moitié et les deux tiers des Ukrainiens sont opposés au projet de loi, de crainte qu’il ne profite seulement à des oligarques ukrainiens et à d’importants groupes étrangers.

Le projet de loi, voté en première lecture en novembre et dont l’adoption est attendue avant la fin de l’année, prévoit un accès à la propriété à partir d’octobre 2020 et uniquement pour les personnes et entités ukrainiennes.

Pour tenter de rassurer, le président Volodymyr Zelensky a promis un référendum avant d’ouvrir ce marché des terres agricoles aux étrangers.

B. Quantinet avec l’AFP