Mercredi 12 juillet, les opposants à Europacity, un projet de mégacomplexe commercial sur 80 ha de zone agricole, se sont félicités de la « prise de distance » du ministre de la Transition écologique.

Prévu pour 2024, Europacity affiche l’ambition d’être un « nouveau quartier du Grand Paris » dans le triangle de Gonesse (Val-d’Oise) et doit être bâti sur une zone agricole inhabitable entre les aéroports du Bourget et de Roissy, à moins de 20 km au nord de Paris.

Articulé autour d’une gigantesque surface commerciale, il prévoit la construction de 2 700 chambres d’hôtel, de salles de spectacles, d’un parc aquatique ou encore d’une « ferme urbaine ». Sans compter un « parc des neiges », qui cristallise une partie des critiques contre ce projet jugé démesuré et peu respectueux de l’environnement.

Sortir de la « folie des grandeurs »

Le 6 juillet, lors de la présentation du « plan climat » à la presse, Nicolas Hulot avait réaffirmé l’objectif de faire de la France un pays « neutre » en carbone à l’horizon de 2050. Interrogé sur la compatibilité de cet objectif avec les grands projets d’aménagement du territoire du type d’Europacity, le ministre avait répondu : « La réponse peut être très courte : elle est non. Cette gourmandise que nous avons à consommer des terres agricoles en particulier, et à artificialiser les sols en général, est incompatible avec cet objectif. Il faut qu’on sorte de la folie des grandeurs. »

Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui réunit les opposants à Europacity, s’est félicité mercredi de cette « prise de distance » du ministre, « qui remet clairement en question le soutien » apporté par l’exécutif précédent à ce projet.

« Le CPTG n’entend que la première partie de la réponse du ministre, réagit le directeur de la communication d’Europacity. Il a également dit : « Je peux agir quand les décisions ne sont pas crantées, et il y a des droits acquis. » Nous considérons qu’Europacity fait partie des droits acquis car il est un des projets structurants du Grand Paris et que le processus administratif nécessaire à sa réalisation est en cours. »

Estimé à 3,1 milliards d’euros, ce projet porté par Immochan, la branche immobilière du groupe Auchan, en partenariat avec le conglomérat chinois Wanda, représente le plus grand investissement privé en France depuis la construction de Disneyland Paris en 1992.

AFP