Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), a dénoncé la construction d’une « bulle marketing bio ». Même si, dans un communiqué du 28 février 2018, elle juge que l’actuelle dynamique de communication de la grande distribution sur les produits de l’agriculture biologique est « appréciable », elle craint que le marché n’arrive pas à suivre.

« Avec une croissance à deux chiffres, le marché bio progresse plus vite que le nombre de fermes bio ». Sur l’augmentation de l’offre, elle a pris pour exemple Carrefour, qui a annoncé vouloir multiplier son chiffre d’affaires par trois, et Leclerc, qui s’est lancé dans l’ouverture de magasins spécialisés.

Renforcer les exigences des labels

La présidente de la Fnab redoute que cette course effrénée déteigne sur la qualité des produits issus de l’agriculture biologique. « Plus le marché se tend, plus les prix montent et plus la pression de certains groupes industriels et coopératifs se fait sentir pour faire baisser les contraintes de notre cahier des charges ». C’est en sens qu’elle précise « qu’il faudra renforcer les exigences du label français AB et en faire un label mieux-disant que le label européen Eurofeuille, sur lequel il est aujourd’hui aligné ».

Plus largement, Stéphanie Pageot demande à l’industrie agroalimentaire et à la grande distribution de ne pas se précipiter et de « s’atteler avec la filière, à un nouveau projet agricole et alimentaire ». Mais elle prévient : le travail d’adaptation sera long et coûteux. Et ce n’est qu’à ce prix que la qualité sera garantie pour le consommateur et l’équité pour les producteurs ».

Alexis Marcotte