Ce mardi 6 décembre s’est tenu le dernier congrès de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) avec une production de betteraves françaises encore sous le régime des quotas. La filière s’est ainsi penchée sur l’accroissement de la volatilité des prix qui touchera très bientôt les producteurs et s’est interrogée sur la question des outils de gestion de risques.

« Le régime d’aide directe de la Pac est nécessaire mais non suffisant pour faire face à la volatilité des marchés », a affirmé Yves Madre, directeur de Farm Europe. L’économiste Jean Cordier a poursuivi en expliquant que « les aides directes n’ont jamais été construites pour faire de la gestion de risque ».

L’outil marché à terme

Dans ce sens, Jean-Loïc Begue-Turon, responsable du pôle des matières premières chez Caceis, Groupe Crédit Agricole, a présenté l’outil de marché à terme et la possibilité de transposer son utilisation dans la filière céréalière à celle de la betterave. « Cela ne sera possible que si la filière entière le souhaite et le décide », a-t-il précisé. Il rappelle d’ailleurs que souvent les producteurs de betteraves utilisent déjà les marchés à terme pour leurs céréales et qu’ils connaissent leurs coûts de production, ce qui facilitera le lancement. « La réussite d’un marché à terme sur la betterave en France sera facilitée par le lancement d’un contrat à proximité », précise Jean Cordier.

Intervention de l’État

Ricardo Ramon, de la DG Agri à la Commission européenne, a présenté la proposition d’un instrument de stabilisation de revenu (ISR), qui fonctionnerait secteur par secteur (lait, betteraves, céréales…). Ce fonds, qui existait déjà sans être très utilisé par les États membres, pourrait être relancé en 2017 ou 2018, sous une autre forme dans le cadre du texte « omnibus » de la Pac.

L’ISR se déclencherait lorsque le revenu des agriculteurs diminuerait de 20 % (la version existante était de 30 %). Il serait financé pour un tiers par les agriculteurs (individuellement ou collectivement), un tiers par l’Union européenne, et un tiers par l’État français (via le deuxième pilier de la Pac). Éric Lainé, président de la CGB, a affirmé que la CGB y était très favorable collectivement et demande que cet instrument soit utilisable dès 2018. Le ministère de l’Agriculture a indiqué regarder de près cette possibilité.

Assurance

Faisant suite à la présentation de l’exemple de politique assurancielle canadien, Franck Sander, président de la commission de l’économie de la CGB, a insisté sur l’importance d’une assurance récolte qui couvre les agriculteurs dès 20 % de pertes et non 30 % comme c’est actuellement le cas. « Il ne faut pas que l’assurance devienne obligatoire mais il faut qu’elle soit accessible », a-t-il poursuivi. Jean Cordier a ajouté que le système assuranciel devait être plus largement utilisé en France (comme c’est le cas au Canada) pour qu’il puisse être réellement efficace.

C.L.J.