En clôture de l'assemblée générale du SNIV-SNCP, qu'il préside, Jean-Paul Bigard a appelé, le 1er octobre 2013, à « la mobilisation générale autour d'un plan d'urgence pour les filières des viandes françaises ».

Selon lui, les filières ne « doivent plus attendre », en tout cas ne pas tout attendre des pouvoirs publics, face au triple défi qu'elles ont à relever : la rentabilité, la compétitivité, et la performance de leur modèle économique.

« II nous faut tout d'abord retrouver la voie de la compétitivité face à nos concurrents européens, insiste Jean-Paul Bigard. Cet objectif passe [...] par l'abolition des distorsions de concurrence en Europe. » L'industriel a bien sûr dans le collimateur les entreprises allemandes qu'il accuse de détourner « la loi européenne pour importer les régimes sociaux les moins couteux et les moins protecteurs d'Europe ».

Le second levier que le SNIV-SNCP propose d'actionner « passe par une meilleure adaptation de nos produits aux demandes variées des marchés et par une meilleure organisation à l'exportation ». Et surtout, Jean-Paul Bigard espère parvenir à une « véritable synergie entre les exportateurs et l'Administration dans les contacts avec les interlocuteurs avec les pays cibles ».

Enfin, le patron du numéro un de l'abattage en France veut lutter contre l'inflation des charges. Et là, la liste qu'il dresse est longue : les tests ESB, la commercialisation des cervelles d'ovins âgés de 6 à 12 mois, le contrôle bactériologique libératoire de la viande hachée fraîche, l'écotaxe, la dématérialisation des passeports des bovins...

Comme à son habitude, Jean-Paul Bigard n'épargne personne. Chacun en prend pour son grade : l'administration centrale, le gouvernement et le ministre dont il souligne l'absence, FranceAgriMer, les organisations professionnelles et interprofessionnelles. « Le choc de simplification, c'est comme la pause fiscale, ironise-t-il. Plus on en parle, moins il s'applique ! »

Enfin, le président du SNIV-SNCP conclut son discours sur le fait que « la compétitivité, ce n'est pas que le prix ! » Lui, qui n'a pas cité l'interprofession lorsqu'il parle du remplacement de la taxe à l'abattage par une CVO, semble pourtant convaincu que l'union fait la force. Il tend à nouveau la main aux autres acteurs de son secteur. « Cette nécessité d'être ensemble, illustrée par de nombreux dossiers communs avec la FNICGV et Coop de France, nous devons maintenant la transformer en volonté d'être ensemble. »

E.R.