Le Sniv-SNCP a levé le voile, mardi à Paris, sur un des sujets forts de son assemblée générale qui se déroulera le 1er octobre prochain : les relations avec la grande distribution. Le syndicat d'abatteurs souhaite mettre en place un nouveau modèle économique en phase avec l'évolution des prix en amont. Autrement dit, un modèle qui permette aux entreprises de répercuter aux distributeurs les hausses de prix de leur matière première.

« Les chiffres montrent que les consommateurs et les industriels de l'abattage ont payé l'augmentation de notre matière première, détaille Pierre Halliez, le directeur général du Sniv-SNCP. La grande distribution a maintenu, voire renforcé ses marges. Nous nous heurtons à des modèles économiques qui ne sont plus en phase avec ce qui se passe dans notre amont. Cela demande un changement dans nos relations avec les distributeurs. »

Surtout, ce que dénonce le syndicat, c'est la guerre des prix que se livrent les enseignes pour conquérir des parts de marché. « Y a-t-il une alternative à la spirale de la recherche du prix le plus bas qui permettrait de retrouver un meilleur équilibre ? interroge Pierre Halliez. C'est une spirale destructrice d'emplois. La situation actuelle n'est pas viable pour l'industrie, et donc pour l'élevage. Nous voulons davantage de fluidité dans la formation du prix. »

Le Sniv-SNCP ne se fait guère d'illusion sur l'arsenal que préparent les pouvoirs publics avec la loi d'avenir agricole et celle sur la consommation. « Il y a eu un premier essai avec l'accord du 3 mai 2011, rappelle Paul Rouche, le directeur délégué du Sniv-SNCP. Cela n'a jamais marché. Je crains que ce que prévoit la nouvelle loi ait du mal à fonctionner. J'imagine mal un distributeur venir frapper à notre porte pour nous proposer de renégocier les tarifs. »

E.R.