Une étude réalisée par ADquation pour le Groupe France Agricole, Machinisme & Réseaux et Terre-Net Occasions, dévoile la vision des agriculteurs sur leur exploitation et leurs activités à l'horizon de 2020. L'enquête effectuée par internet porte sur un échantillon de 500 agriculteurs âgés de 25 à 45 ans, c'est-à-dire des chefs d'exploitation qui seront encore en activité en 2020. Les agriculteurs sondés exploitent plus de 50 hectares.

Contexte plutôt favorable

Plus de la moitié des chefs d'exploitation estiment que le contexte actuel de l'agriculture française est plutôt favorable. Seuls 8,3 % affichent un réel pessimisme avec une vision très défavorable. La nouvelle génération est plutôt confiante dans l'avenir puisque 66 % d'entre eux estiment que la situation va s'améliorer ou rester stable d'ici à 2020. Néanmoins, ils ne se bercent pas d'illusions concernant l'évolution des cours des productions agricoles puisque 47 % pensent que les prix continueront à être irréguliers et imprévisibles. Parallèlement, 69 % des sondés se préparent à gérer l'exploitation avec moins d'aides et ils sont 77,6 % à pointer l'impact négatif des réglementations, accusées de freiner la productivité.

Vente directe et agrotourisme parmi les solutions

Les agriculteurs sondés n'envisagent pas de se lancer dans des activités de sous-traitance telles que l'ETA (entreprise de travaux agricole) ou le TP (travaux publics). En revanche, ils sont près de 30 % à vouloir développer la vente directe d'ici à 2020 et 14,5 % à regarder du côté de l'agrotourisme, contre 2,9 % aujourd'hui. Le bio progresse avec une part passant de 6,7 à 11,8 % des sondés en diix ans.

Retour en force du désherbage mécanique

Les restrictions attendues sur les herbicides remettent le binage au goût du jour. 25,4 % des agriculteurs enquêtés ont recours à cette pratique et ils seraient 15 % de plus à l'envisager à l'horizon de 2020. De son côté, le labour subit la loi des TCS et son utilisation passerait de 81,3 % à 57 % d'ici ç 2020. Témoin de cet intérêt pour les itinéraires simplifiés, le strip-till, technique en vogue qui suscite l'engouement. Mis en pratique par seulement 3,8 % des sondés actuellement, il pourrait être essayé par 19 % des structures d'ici à 2020.

Sous-traiter la pulvérisation

Le sondage laisse apparaître une diminution du recours aux prestataires, en particulier pour les travaux de récolte et le stockage. Seuls 15 % des agriculteurs pensent qu'ils sous-traiteront le stockage en 2020. Seule exception notable, la pulvérisation où la part de sous-traitance pourrait passer de 8,7 à 17,3 % d'ici à 2020. Le poids des réglementations et des formations obligatoires est pointé du doigt pour expliquer ce recours à un tiers.

Le guidage fortement plébiscité

Si la puissance moyenne du tracteur ne devrait plus augmenter de façon spectaculaire, l'équipement des automoteurs va s'étoffer. Les solutions de guidage sont les plus plébiscitées. Un quart des agriculteurs sondés possède déjà cet équipement et ils seront plus de 38 % d'ici à 2020. La coupure des tronçons pour la pulvérisation et la modulation de la dose sont les facteurs qui motivent le plus cet investissement. En revanche, l'Isobus est encore mal connu et très rarement cité.

Téléchargez le bilan de l'enquête.

C.L.G.