Les autorités malaisiennes en appellent au gouvernement français, « partenaire commercial », pour en finir avec la mention « Sans huile de palme » apposée sur certains produits alimentaires, qu'elles jugent « injuste et discriminatoire ».

« Nous demandons au gouvernement français de considérer l'impact potentiel de cette étiquette sur nos exportations d'huile de palme », a indiqué le mardi 14 octobre 2014 à l'AFP le président du Conseil national des producteurs d'huile de palme de Malaisie, le Dr Yusof Basiron.

« Nous avons beaucoup d'échanges entre nos deux pays et nous devons nous rappeler que nous sommes des partenaires commerciaux », a fait valoir M. Basiron, excluant cependant toute mesure de représailles.

La Malaisie ne menace pas mais évoque la logique

« Ce n'est pas une menace », s'est-il défendu, il n'est « pas question de représailles : juste un élément qu'il est logique de rappeler puisque nous tirons 10 % de nos revenus de l'exportation de l'huile de palme et que cet argent est utilisé pour acheter ce que nous importons ». « Donc, si nous n'avons plus assez d'argent, bien sûr il y aura un impact », a-t-il ajouté.

Deuxième producteur mondial d'huile de palme derrière l'Indonésie, la Malaisie achète notamment des avions long courrier Airbus à la France: la Malaysian Airlines compte 28 appareils en opération actuellement, sans exclure de possibles discussions en cours avec l'avionneur pour en acquérir d'autres.

M. Basiron a rencontré à Paris des responsables de la Direction des fraudes (DGCCRF) et un conseiller du Quai d'Orsay pour faire valoir son point de vue avant de gagner Bruxelles.

La mention « Sans huile de palme », une exception française

Selon lui, « seules la France et la Belgique francophone » ont recours à cet étiquetage « Sans huile de palme ».

En juin, le ministre malaisien des Plantations et des Matières premières, Douglas Uggah Embas, avait écrit aux ministres français de la Santé, Marisol Touraine, et des Finances, Michel Sapin, pour dénoncer l'étiquette « sans huile de palme » et leur demander de « prendre des mesures contre cet étiquetage contraire à la législation européenne ».

Mais, selon M. Basiron, ces courriers n'ont pas à ce jour suscité de réponse de la part de la France : « Pas encore », a-t-il précisé.