La Maison Blanche a ordonné le 20 juin aux agences fédérales de réexaminer les effets que les pesticides peuvent avoir sur les abeilles et autres pollinisateurs, qui ont connu des pertes importantes dans leur population ces dernières années.

L'administration de Barack Obama a demandé à l'Agence de protection de l'environnement (EPA) « d'évaluer l'effet des pesticides, y compris des néonicotinoïdes, sur la santé des abeilles et autres pollinisateurs, et de prendre des mesures le cas échéant » dans les 180 jours.

Le décret signé par le président Obama appelle également à la mise en place, dans les six prochains mois, d'une stratégie globale entre les différentes agences gouvernementales pour protéger les pollinisateurs en améliorant leur habitat. Les mesures comprennent par exemple la plantation de fleurs le long des autoroutes, l'aménagement paysager des bâtiments fédéraux en ayant notamment recours à des plantes bénéfiques aux pollinisateurs, ou encore l'expansion de leur habitat dans des zones de conservation.

« Ces dernières décennies, il y a eu des pertes significatives parmi les pollinisateurs, y compris les abeilles à miel, les abeilles indigènes, les oiseaux, les chauves-souris et les papillons », a déclaré M. Obama. « Il s'agit d'un grave problème qui nécessite une attention immédiate », a-t-il souligné.

Le département américain de l'Agriculture a également assigné huit millions de dollars supplémentaires à un programme mené dans certains Etats du Midwest pour développer de nouveaux habitats pour les abeilles à miel.

Les défenseurs de l'environnement ont salué le projet du président, estimant toutefois qu'il n'allait pas assez loin alors que l'Union européenne a elle déjà interdit trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes actuellement commercialisés dans le monde entier, au motif qu'ils rendaient les abeilles malades.

Les abeilles ont connu des pertes sévères dans leur population ces dernières années. Depuis quinze ans, le nombre d'essaims est en recul sur toute la planète, un phénomène baptisé « syndrome d'effondrement des colonies ». Le taux de mortalité des abeilles est d'environ 30 % chaque année depuis 2007.

Les scientifiques ne comprennent pas entièrement les raisons de ces décès importants, mais des recherches mettent en avant une combinaison de facteurs comme la présence de parasites, d'agents pathogènes et l'exposition à des pesticides utilisés dans l'agriculture.

L'EPA précise bien sur son site internet que les Etats-Unis « n'interdisent actuellement pas, ni ne restreignent sévèrement, l'usage de pesticides néonicotinoïdes ». A la place, l'agence explique qu'ils vont « réévaluer » l'effet de ces produits afin de « s'assurer qu'ils remplissent les critères actuels de santé et de sécurité ».

L'annonce du président Obama « ne va pas assez loin », a estimé le président de Friends of the Earth, Erich Pica. « L'Administration devrait empêcher l'utilisation de ces pesticides toxiques jusqu'à ce qu'ils soient jugés sûrs », a-t-il relevé.

Larissa Walker, du Center for Food Safety, a également jugé que ce projet allait « dans la bonne direction » mais a exprimé des inquiétudes. « Une évaluation et une amélioration de l'habitat ne vont pas, à elles seules, sauver nos pollinisateurs. Nous avons besoin de mesures décisives contre les pesticides », a-t-elle affirmé.