Les rendements du maïs dans le Midwest américain augmentent depuis 1995, mais la sensibilité de cette culture à la sécheresse paraît aussi s'accroître, révèlent jeudi des chercheurs selon qui la production de cette céréale risque de diminuer dans les prochaines décennies avec le réchauffement climatique.

« Le Corn Belt (les Etats du Midwest où sont concentrés les culture de maïs, NDLR) est extrêmement productif, mais ces vingt dernières années nous avons constaté très peu de gains des rendements dans les zones non-irriguées pendant les périodes les plus chaudes », explique David Lobell, professeur adjoint de sciences environnementales à l'Université de Stanford en Californie (ouest), principal auteur de cette recherche publiée dans la revue américaine Science.

« Cela laisse penser que les agriculteurs pourraient avoir atteint les limites de ce qui est possible dans ces conditions climatiques », ajoute ce scientifique, membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Selon cette étude, aux niveaux actuels de sensibilité des récoltes de maïs à la chaleur, leur rendement pourrait diminuer de 15 % dans les cinquante prochaines années. Cette perte pourrait atteindre 30 % si ces cultures continuent à être de plus en plus sensibles à la sécheresse, prédisent ces scientifiques.

Avec la croissance démographique de la planète et le changement climatique, les scientifiques cherchent à optimiser les rendements des cultures pour répondre à la demande alimentaire mondiale croissante. Les Etats-Unis produisent 40 % du maïs dans le monde, principalement en Iowa, Illinois et Indiana.

Un des grands défis est de déterminer si les cultures peuvent s'adapter au changement climatique en devenant moins sensibles à la chaleur et à la sécheresse, expliquent les auteurs de ces travaux, notant que le réchauffement de la planète devrait continuer, selon les projections.

Plus de 80 % des terres agricoles américaines dépendent des précipitations et ne bénéficient pas d'un système d'irrigation, ce qui est le cas pour la plupart des cultures de maïs.

Au cours des dernières décennies, ces cultures aux Etats-Unis ont été modifiées génétiquement pour mieux résister aux insectes et avoir des racines plus efficaces pour trouver de l'eau.

Ces traits génétiques permettent aux agriculteurs de planter les graines plus près les unes des autres dans les champs et d'obtenir ainsi de meilleurs rendements dans un climat normal.

Mais en cas de sécheresse, qui devient plus fréquente avec la montée des températures au XXIe siècle liée au réchauffement climatique, les cultures de maïs plantées de façon très dense souffrent davantage du manque d'eau et connaissent des rendements moindres, relèvent les chercheurs.

Ces derniers ont analysé un nombre sans précédent de données détaillées provenant de plus d'un million de dossiers d'assurance des récoltes du ministère américain de l'Agriculture (USDA) de 1995 à 2012.