« Nous mettons en cause le manque d’ambition des propositions et dénonçons l’absence de tout débat de fond sur la solidarité internationale alors que la faim est remontée pour la première fois dans le monde depuis longtemps », a déclaré Clara Jamont, qui représentait Oxfam France à la réunion de l’atelier 12 des États-généraux vendredi.

Les quatre ONG, soutenues par le CCFD-Terre solidaire, mettent particulièrement en cause « la cohérence » des politiques publiques françaises avec le « respect du droit à l’alimentation pour tous », et dénoncent la participation de la France dans la « nouvelle alliance du G7 pour la sécurité alimentaire et la nutrition ».

Cette initiative, véhiculée par d’importantes sociétés qui s’implantent en Afrique notamment, « met en péril les agricultures paysannes africaines et les droits des populations vulnérables », accusent les quatre ONG dans un communiqué commun.

Déforestation et accaparement des terres

« L’ordre du jour ne portait que sur la mise en place de colloques ou de sites web pour partager des expériences positives en matière d’investissement dans l’agriculture. C’est ahurissant que l’on ne parle ni de problème structurel ni des conséquences négatives des activités » des sociétés implantées en Afrique, notamment en matière de déforestation et d’accaparement des terres, a ajouté Madame Jamont.

Lors de la journée internationale de l’alimentation des Nations unies, lundi 16 octobre, le Comité catholique contre la faim et pour le développement avait déjà accusé les États-généraux de l’alimentation de « schizophrénie », en pointant des « objectifs divergents » entre la « conquête des marchés agricoles à l’international par les entreprises françaises » et « la politique de coopération pour la sécurité alimentaire mondiale ».

Pendant les débats de l’atelier 12, vendredi après-midi, la fondation Avril et la fondation Crédit Agricole Grameen devaient présenter leurs « actions positives », « mais les conséquences négatives de la spéculation du Crédit Agricole sur les matières premières agricoles » ne font pas partie du débat, a dénoncé Madame Jamont.

AFP