L’exercice était bienvenu de la part du ministère de l’Agriculture : tenir ce mardi une conférence de presse informelle pour renseigner les journalistes sur l’organisation pratique des États-généraux de l’alimentation, qui s’ouvriront le 20 juillet 2017. Les inquiétudes demeurent pourtant à l’issue de cette rencontre. En particulier sur le calendrier politique imposé.

Délais raccourcis

La restitution finale des travaux est attendue pour la mi-décembre 2017, mais le gouvernement affiche comme objectif d’avoir « du concret » à annoncer dès l’ouverture des prochaines négociations commerciales, en octobre. Au moins sur la question de la répartition de la valeur dans la chaîne agroalimentaire. Or, il était initialement prévu deux mois et demi de travaux sur ce chantier. Déjà juste, le délai a été réduit à un mois, les premiers ateliers sur la question devant s’ouvrir à la fin d’août. Trop court pour espérer un renversement du système ?

« Cela n’empêchera pas la tenue des travaux dans des conditions satisfaisantes », rassure le cabinet du ministre de l’Agriculture, qui avance comme excuse « un agenda présidentiel chargé », ou encore le temps de la consultation publique, qui sera lancée le 20 juillet. D’autres pointent plutôt la priorité donnée aux vacances estivales par certaines parties prenantes et le casse-tête organisationnel que représentent les 14 ateliers programmés. À deux jours du lancement, personne n’est encore capable de dire qui intégrera ces ateliers, qui les dirigera ou qui assurera les missions de rapporteurs… Encore moins comment s’équilibreront les forces en présence.

Grand-messe

Ce programme précipité inquiète la profession agricole qui voit, jours après jours, le second chantier consacré aux sujets sociétaux prendre le pas sur le celui du juste prix. Alors même que ce dernier était présenté comme la raison d’être des États-généraux, tels que les prévoyait le candidat Macron durant sa campagne. Quant à ce qui en sortira, « l’État n’est pas le garant de leur réussite », commence-t-on déjà à entendre…

Mais l’optimisme est de rigueur du côté du gouvernement. Et les équipes ministérielles sont concentrées sur la « grand-messe » du 20 juillet, à Bercy. Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Stéphane Travert et Nicolas Hulot se succéderont en tribune devant les 500 personnes attendues, avant le coup d’envoi d’Emmanuel Macron. Tous rediront certainement leur envie « d’aller vite ». Il reste à savoir où.

Alain Cardinaux