Une soixantaine de députés du groupe majoritaire La République en marche (LREM) ont publié une lettre ouverte à Michel-Edouard Leclerc pour dénoncer une campagne de communication « court-circuitant » les États-généraux de l’alimentation.

Cette initiative intervient en plein débat acerbe opposant le patron de la grande distribution et la présidente du principal syndicat d’agriculteurs FNSEA sur le relèvement des prix agricoles, à quelques jours d’arbitrages très attendus du président de la République.

La FNSEA en relais

« Dans le contexte actuel, être le moins cher ne permet pas d’assurer la soutenabilité du modèle de production agricole français », écrivent ces députés, plaidant pour des « solutions concrètes pour améliorer la création de valeur et rééquilibrer son partage », principaux objectifs des États-généraux.

Votre démarche est irresponsable et manipulatrice. Elle est le fait d’une seule marque, se place à rebours des initiatives collectives mais aussi de la vision des autres distributeurs.

Cette lettre ouverte est notamment signée par Perrine Goulet, Jean-Baptiste Moreau, ou encore Sandrine Le Feur, agricultrice de profession, Cendra Motin, Matthieu Orphelin. Se disant « conscients que cette démarche peut déplaire au groupe E. Leclerc », ces élus reprochent à son PDG une publicité vantant la politique de prix du groupe et accusant certains de préparer une hausse de 15 % des prix de produits de consommation courante. « Cette démarche est irresponsable et manipulatrice », et vise « uniquement à améliorer votre image de marque plus que le pouvoir d’achat de nos agriculteurs », critiquent-ils.

L’initiative a rapidement été relayée par la FNSEA via Twitter, le syndicat assurant que « les menaces de (Michel-Edouard Leclerc) ne nous feront pas dévier. Le dogme du prix bas n’est plus acceptable ! Nous ne sommes pas les seuls à le dire ».

Depuis le Sommet de l’élevage près de Clermont-Ferrand, la patronne du syndicat Christiane Lambert a appelé le gouvernement à ne pas « mettre le genou à terre devant M. Leclerc », alors que les États-généraux de l’alimentation ont, à ses yeux, « apporté des débats nouveaux et des constats partagés ».

Avec l’AFP