La Coordination rurale (CR) a profité de sa conférence de rentrée, le 30 août 2017, pour exprimer toute sa déception faisant suite au lancement des ateliers des États-généraux de l’alimentation, la veille. « C’était une journée pénible, rapporte François Lucas, président d’honneur de la CR et membre de l’atelier consacré à la recherche de prix rémunérateurs. Mieux vaut que les agriculteurs n’aient pas assisté à ça. Ils en seraient sortis ou désespérés… ou méchants. »

En cause, selon lui, « l’impression d’être en permanence extrait de la réalité pour être dans des concepts rabâchés : Coop de France qui appelle à avoir des coopératives qui soient de dimension suffisante pour rivaliser avec les collègues européens, les consommateurs qui veulent davantage parler de la qualité de la production française, et puis toutes ces notions d’esprit de filière, de partage de la stratégie, de contractualisation, de gestion de la volatilité… »

« Placer le fer là où ça fait mal »

La CR regrette que les réflexions ne portent pas davantage sur la construction du prix et se concentrent par ailleurs sur « les solutions françaises ». Pour François Lucas, « sur la question des prix rémunérateurs, on ne peut pas ignorer la Pac et sa logique d’alignement sur les cours mondiaux. Mais la réponse que nous avons reçue est catégorique : pas question d’en parler ici ».

Bernard Lannes, président du syndicat, espère encore que ces États-généraux puissent être « une sorte d’audit permettant d’aboutir à une transparence totale dans les filières ». Jusqu’à la fiscalité des entreprises et des coopératives. Un objectif pourtant loin d’être assuré… « Nous placerons le fer là où ça fait mal durant les travaux, promet-il. Allons-y gaiement ! »

Alain Cardinaux