Telle est la conclusion de travaux conduits par une équipe de l’Université François-Rabelais, de l’Inra et du CNRS. Les chercheurs ont développé un modèle mathématique pour simuler l’expansion du frelon asiatique en France. Ils s’appuient sur des données biologiques et de terrain, notamment celles du programme de sciences participatives du Muséum national d’histoire naturelle.

Grâce à ce modèle, les scientifiques ont pu tester trois scénarios : la dispersion du frelon asiatique sans l’intervention de l’Homme, la combinaison de cette dispersion naturelle du frelon et d’une dispersion par les activités humaines (transports accidentels par l’Homme), et les conséquences de l’élimination des colonies de frelons.

78 kilomètres par an

« Les résultats indiquent que le front d’expansion du frelon asiatique progresse de 78 kilomètres par an en moyenne, détaille l’Inra dans son communiqué. Les chercheurs démontrent que la rapidité de la colonisation peut s’expliquer par les seules capacités de dispersion des frelons et ne peut pas être systématiquement imputable à l’Homme. »

« En termes de lutte ciblée, le modèle révèle que lorsqu’on augmente considérablement le niveau de lutte contre le frelon, on ne parvient pas à l’éliminer mais on réduit nettement son expansion et la densité de ses populations. L’intensification de la lutte ciblée est donc nécessaire pour limiter l’expansion de l’espèce. [...] Les pièges actuels, utilisant des appâts alimentaires, ne sont pas sélectifs, d’où l’intérêt de développer un piège sélectif et spécifique des frelons asiatiques. »