« Très à l’écoute », « ouvert », c’est en « homme de dialogue » que s’est présenté Nicolas Hulot, qui recevait une délégation de la FNSEA lundi midi. « Il s’est dit pragmatique et constructif, ça tombe bien nous aussi », a lâché Christiane Lambert à la sortie de leur entrevue.

Un paquet de doléances

Le syndicat majoritaire s’y est rendu avec un paquet de doléances, allant de la gestion des prédateurs à la « levée du tabou sur l’irrigation », en passant par la simplification administrative pour laquelle la FNSEA a déjà émis 54 propositions. « Le droit à l’erreur devrait aussi pouvoir s’appliquer dans le domaine de l’environnement », espère Éric Thirouin, élu en charge du dossier, qui « attend avec impatience le projet de loi annoncé pour la fin du mois ».

À l’approche des États-généraux de l’alimentation, la FNSEA a aussi insisté pour que « l’agriculture soit considérée dans sa très grande diversité, car l’agriculture française ce n’est pas un modèle mais 1 000 modèles », a plaidé la présidente de la FNSEA.

Que l’agriculture soit vue comme une source de solutions

Autre réclamation : que l’agriculture soit vue comme une source de solutions, notamment pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est déjà à moitié gagné : « Nicolas Hulot a pointé lui-même que la transition de l’agriculture a déjà commencé, s’est félicitée la présidente de la FNSEA. Il sait ce qui a été mis en place, il y a travaillé à l’occasion de la COP 21. » Mais au-delà de leur rôle pour l’atténuer, le ministre a aussi reconnu que les agriculteurs sont victimes du changement climatique : la question de la prévention (gestion de l’irrigation, lutte contre le gel…) et de la réparation des dégâts (mécanismes d’assurance) a donc été longuement abordée.

Prêts à travailler avec Nicolas Hulot dans la durée

Sur tous ces sujets, le ministre a donné l’impression d’un homme qui ne fait « pas de déclaration intempestive », mais qui veut « prendre le temps de dénouer le pourquoi », analyse Christiane Lambert.

Prêt à travailler avec Nicolas Hulot dans la durée, le syndicat majoritaire a prévu de rencontrer le ministre en personne tous les trimestres, et ses conseillers une fois par mois.

Bérengère Lafeuille