Pour la campagne 2010-2011, les livraisons ont été en hausse de 13 % pour l'azote, 29 % pour le phosphore et 44 % pour le potassium, soit une hausse moyenne de 18 %, à 9,8 millions de tonnes d'engrais. Cette hausse devrait continuer pour la campagne en cours.

« Le phosphate et le potassium sont la variable d'ajustement de la situation économique des agriculteurs, a expliqué Joël Morlet, président de l'Unifa, l'Union des industries de la fertilisation, lors de la conférence de presse du mardi 11 octobre 2011 à Paris. L'année dernière, au vu de la situation économique, des impasses avaient été réalisées et les livraisons de P et K avaient fortement baissé. » Les amendements minéraux basiques ont aussi connu une hausse qui s'établit à 15 %.

Malgré cette hausse, la tendance depuis 1990 est à la baisse : -14 % pour l'azote, -65 % pour le phosphore et -69 % pour le potassium. La nouvelle Pac de 1992 et la crise mondiale de 2009-2010 expliquent ce phénomène.

« Nous sommes inquiets de cette tendance sur la fertilité des sols pour les 20 à 30 années à venir, précise Joël Morlet. Il sera difficile de maintenir les rendements actuels dans certaines régions. »

Un triste constat qui est « à contre-courant des évolutions mondiales et des efforts de productivité à fournir d'ici à 2030, selon l'Unifa. Nous devons produire pour répondre aux besoins de la population mais les facteurs (les apports d'engrais, ndlr.) qui permettent cette productivité diminuent. »

Concernant le prix des engrais azotés, la hausse devrait continuer encore quelques années en suivant le prix du gaz et la demande agricole (qui dépend elle-même du prix des céréales). Du coup, selon l'Unifa, une taxe azote n'aurait aucun effet sur les achats d'engrais.

Mais dans un futur proche, un autre facteur pourrait influer sur le prix des engrais. En 2013, l'achat de quotas carbone sera obligatoire et représentera 20 % de la valeur ajoutée de l'industrie de l'azote en France. Pour l'instant, la répercussion de cette hausse du coût sur le prix des engrais à l'échelle de l'agriculteur est inconnue.

Visionnez l'interview de Gilles Poidevin, délégué général de l'Unifa.

F.M.