La septième édition du baromètre des énergies renouvelables électriques en France souligne « la bonne dynamique des filières renouvelables électriques » en 2016. Paru ce mardi 10 janvier 2017, il précise que les puissances raccordées sur l’ensemble du territoire ont dépassé les 46 GW. Ces filières assurent ainsi, selon Observ’ER, une part de l’ordre de 23 % de la consommation électrique du pays. Mais ces « bons » chiffres doivent être placés au regard des objectifs ambitieux du pays : 71 et 78 GW de capacités installées à l’horizon de 2023. Dans la dynamique actuelle, il sera « difficile » d’atteindre le bas de cette fourchette, selon Observ’ER.

Le défi du photovoltaïque

Du côté du photovoltaïque d’abord, à la fin de septembre 2016, la France comptait, selon les données du ministère de l’Environnement, 378 899 installations pour une puissance totale de 7 017 MW. Alors qu’en 2014 et 2015, le pays flirtait avec le gigawatt annuel d’installation (avec respectivement 958 MW et 880 MW), il fera moins bien en 2016. « Avec 449 MW de puissance nouvellement raccordée, les neuf premiers mois de l’année sont en recul par rapport à la même période des deux années précédentes », note le baromètre.

« Cependant, la projection de la tendance actuelle devrait conduire la filière aux alentours de 7 300 MW à la fin de 2016. » La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), identifie un objectif de 10,2 GWc installés à la fin de 2018 et une fourchette entre 18,2 GWc et 20,2 GWc à la fin de 2023. L ’option haute à atteindre implique un rythme de raccordement annuel de 2 GW, soit plus qu’un doublement de l’activité actuelle. Si les calendriers sont tenus et si les candidats répondent présents, centrales au sol, installations sur toitures, autoconsommation et baisse des coûts des panneaux pourraient concourir à atteindre ces objectifs.

La filière du biogaz dans l’attentisme

2016 a marqué une pause pour l’électricité d’origine biogaz en France. « La publication sans cesse repoussée de textes réglementaires structurants explique en partie le ralentissement du parc de production », note le baromètre Observ’ER. « Toutefois, les professionnels l’affirment : les projets sont prêts et la dynamique pourrait repartir dès 2017, une fois le cadre réglementaire validé. » Au 30 septembre 2016, le parc français de production d’électricité à partir du biogaz s’élevait à 478 sites pour une puissance totale installée de 385 MWe.

Pour les seuls sites de méthanisation, la puissance électrique installée est de 103 MW. La progression du secteur est faible depuis le début de 2016 avec seulement 24 MWe de plus. Après une belle évolution en 2015, l’année 2016 a été décevante en matière de biogaz agricole. Entre janvier et juin 2016, seuls 12 MW ont été raccordés, soit une baisse des deux tiers par rapport au premier semestre de 2015. L’objectif pour 2018 des installations de méthanisation est de 137 MW (103 MW installés à la fin de septembre 2016) et l’objectif 2023 est de 237 à 300 MW. Ces cibles seront difficilement atteignables vu les niveaux de croissance de la filière.

L’éolien pas encore au bon rythme

Les signes de croissance de l’éolien français observés en 2014 et 2015 se confirment en 2016. Avec 804 MW de mieux au cours des neuf premiers mois, la croissance du parc est en hausse par rapport au rythme des trois premiers semestres de 2015 (125 MW de mieux). À la fin de septembre 2016, le parc de puissance totale raccordée s’établit à 11 166 MW.

« Toutefois, le rythme actuel reste insuffisant pour atteindre les objectifs qui ont été assignés à la filière dans le cadre de la PPE », selon Oberv’ER. Le parc installé doit en effet atteindre 15 GW d’ici à la fin de 2018 puis, entre 21,8 GW et 26 GW à l’horizon de 2023. « Pour y parvenir, c’est plus de 1,8 GW qui devrait être raccordé chaque année, et ce dès 2017. Cela représenterait un rythme annuel moyen jamais atteint par la filière en France », note Oberv’ER.

Biomasse solide et cogénération : des objectifs ambitieux

À la fin de 2016, le parc français des centrales de cogénération biomasse était de 38 sites (contre 36 à la fin de 2015) pour une puissance de 408 MWe (365 à la fin de 2015, soit une hausse de 12 %). De plus, sept sites sont en construction ou en projet avancé, pour une capacité totale de 220 MWe.

L’objectif politique à la fin de 2018 est de 540 MW et celui à la fin de 2023 (option basse) est de 790 MW ou 1 040 MW (option haute). Là aussi, le rythme sera difficile à tenir pour remplir ces objectifs. Pour y parvenir, le gouvernement compte notamment sur la procédure d’appel d’offres triennale couplée au complément de rémunération. Il reste à savoir si cela convaincra.

Vincent Gobert