« L'embargo russe constitue une énième preuve que la politique agricole européenne menée depuis plusieurs décennies, ponctuée de réformes successives mais toujours basée sur la dérégulation des productions et des marchés afin d'accentuer la vocation exportatrice de l'Union européenne, est une erreur politique et économique », estime la Coordination rurale dans un communiqué du 14 août.

« L'UE exporte vers la Russie 5,7 % de sa production en fromage et 9 % de sa production en beurre (en 2012, source France AgriMer). Des volumes certes non négligeables mais très relatifs par rapport à la production totale européenne. En fait, même un faible excédent de marchandises peut déstabiliser rapidement l'ensemble de la filière, et avoir des conséquences néfastes sur les prix de l'ensemble des produits laitiers. La grève du lait de 2009 reste dans les mémoires. »

« Cette vocation exportatrice et les balances commerciales des 28 pays font oublier l'essentiel : l'alimentation est une redoutable arme économique. Afin de sauvegarder toute une filière agricole et à défaut de vouloir nourrir le monde entier, l'UE doit s'assurer de nourrir à long terme ses propres citoyens. Continuer cette politique, c'est éliminer les agriculteurs les uns après les autres et faire disparaître notre agriculture. Quand nous n'aurons plus rien à vendre, il est vrai que nous ne pourrons plus craindre d'embargos ! Par contre, nous serons dépendants des importations et du bon vouloir des pays qui nous nourriront ! »

« Il est donc urgent de mettre en place une politique de régulation de l'offre efficace où l'export n'est plus obligatoirement une priorité », conclut le communiqué.