« Il y a nécessité d’avancer vite […], de réunir les conditions de mise en œuvre du plan stratégique au maximum avant la fin de l’année, souligne Christophe Couroussé, le président du directoire de Doux. Les choses avancent. Toujours moins vite qu’on le voudrait, mais elles avancent. »

Monter en gamme

Confronté à la concurrence des producteurs brésiliens, le volailler français entend sous-traiter sa production d’entrée de gamme dans un pays d’Europe de l’Est à bas coût et monter en gamme sur ses produits fabriqués en France.

Pour l’entrée de gamme, « on a identifié un partenaire potentiel, les discussions sont en cours mais elles ne sont pas finalisées », précise Christophe Couroussé. Le volailler estime avoir besoin de 100 millions d’euros pour financer l’ensemble du plan.

Réussir la transition

Un peu de la moitié de cette enveloppe servira pour des investissements industriels, en marketing, communication, recherche et développement… Le reste doit permettre de « financer la transition », selon Christophe Couroussé.

« On est aujourd’hui sur une offre qui a un déficit de compétitivité, une offre qui continue à perdre de l’argent. Pendant une période de trois ans, on va passer de l’ancienne offre à la nouvelle. Sur les deux prochaines années, il y aura encore une partie de l’offre historique » qui pèsera sur les comptes.

35 millions de pertes en 2016

Doux a enregistré une perte de 35 millions en 2016 et devrait réaliser un nouvel exercice négatif en 2017. Où trouver ces 100 millions ? « Plusieurs modalités sont à l’étude. C’est trop tôt pour que j’en cite une. Le plan n’est pas arrêté. Il y a des échanges avec les services de l’État. »

Selon Europe 1, le dossier serait suivi en direct par l’Élysée. C’est en Ukraine que Doux aurait trouvé un partenaire. « On n’est plus compétitif par rapport à d’autres pays, regrette Nadine Hourmant, déléguée FO. Quelques années en arrière, on était le premier producteur européen de volailles. »

Descente aux enfers

« Aujourd’hui, on est pratiquement au bord du gouffre, assure Nadine Hourmant au micro d’Europe 1. Soit on passe par une transformation pour essayer de préserver l’activité sur le territoire. Soit on n’existera plus. Aujourd’hui, c’est soit on fait l’alliance avec le diable, soit on meurt.

Du côté social, « le plan qui a été construit, s’il est exécuté dans toutes ses modalités, permet de conserver l’ensemble des emplois permanents de l’entreprise. C’est ça notre objectif », assure Christophe Couroussé, avant d’ajouter : « Il y a encore du chemin. »

« J’espère que nous aurons franchi des étapes importantes d’ici à la fin de l’année », reprend-il. Concernant les résultats de l’année en cours, « on a une remontée des prix très significative depuis juillet » et un parité « euro dollar un peu mieux orientée ces dernières semaines ». Pas de quoi changer fondamentalement la donne mais « on est plutôt plus optimiste qu’on l’a été », conclut-il.

AFP