« Seul un petit nombre de pays » du Vieux Continent est autorisé à exporter du bœuf bien que l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ait été éliminée depuis 2005, a déploré Phil Hogan lors d’une conférence de presse à Tokyo. « Nous travaillons sans relâche à convaincre le Japon que nous avons atteint les niveaux requis pour que l’accès soit accordé à l’Union européenne dans son intégralité », a déclaré le commissaire.

Une ouverture progressive

Le Japon avait banni en 1996 les importations de bœuf britannique pour cause d’ESB, avant d’étendre l’interdiction à l’ensemble de l’UE en 2000. L’archipel a ensuite rouvert progressivement son marché à plusieurs pays : l’Autriche, la Grande-Bretagne, le Danemark, la France, l’Italie, l’Irlande, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Mais 19 des 28 pays de l’Union restent exclus, dont des économies de poids comme l’Allemagne et l’Espagne.

« Nous attendons une certaine réciprocité à partir du moment où nous remplissons les critères », a-t-il souligné, rappelant que l’Union européenne autorisait pour sa part l’accès au « wagyu », bœuf japonais de haute qualité dont le plus connu est celui de Kobe (ouest). « Nous estimons nous conformer pleinement à ce que la partie japonaise demande », a insisté le commissaire européen.

Des négociations pays par pays

Les autorités japonaises négocient séparément avec les pays qui souhaitent exporter leur bœuf, demandant le respect de règles très précises en termes de production notamment, avant de lever l’interdiction. Phil Hogan, qui se trouve au Japon pour participer à la réunion ministérielle de l’agriculture du G20, en vue du sommet prévu à la fin de juin à Osaka, a salué la récente entrée en vigueur de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Japon.

En place depuis le 1er février, il s’agit du pacte le plus vaste du monde puisqu’il concerne plus de 630 millions de personnes et près d’un tiers du PIB mondial. Signal adressé au protectionnisme américain, « il fait l’envie du monde entier » et pourrait servir de modèle pour un potentiel accord entre l’Union européenne et les États-Unis, a jugé le commissaire européen.

AFP