« Nous sommes au courant depuis début juin qu’il y avait potentiellement un problème de fipronil dans le secteur avicole », a admis Katrien Stragier, une porte-parole de l’Agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), à la télévision flamande VRT.

Une enquête pour fraude

« Nous avons alors immédiatement démarré une enquête et nous avons également informé le parquet parce qu’il s’agissait d’une possible fraude. À partir de là le secret de l’instruction a commencé à prévaloir », a-t-elle assuré.

Lundi, ce 7 août 2017, Denis Ducarme, le ministre belge de l’Agriculture, a demandé à l’Agence de sécurité alimentaire « un rapport circonstancié » sur la façon dont elle a géré les informations concernant cette affaire.

Le ministre a promis de « faire la transparence la plus complète ». Le rapport lui sera remis mardi après-midi, selon une porte-parole. L’ampleur de la crise n’est apparue au grand jour que la semaine dernière aux Pays-Bas.

Des investigations en France

« La France n’est toujours pas dans la liste des pays concernés par cette contamination », a précisé le ministère de l’Agriculture samedi. Et d’ajouter qu’il n’a pas non plus à ce stade « été informé de la distribution du produit incriminé ou de produits de volailles contaminés sur notre territoire ».

« Toutefois le ministère de l’Agriculture a lancé des enquêtes en étroite collaboration avec les autorités sanitaires belges », a-t-il ajouté en précisant que « le risque lié à la consommation éventuelle de ces produits semble limité ».

« Si les enquêtes en cours mettent en évidence que des denrées issues des élevages contaminés étaient commercialisées en France, la Direction générale de l’alimentation procéderait immédiatement à un retrait rappel de ces denrées du marché. »

Ce 7 août en fin d’après-midi, Le ministère a annoncé avoir été informé par les autorités européennes que « 13 lots d’œufs contaminés en provenance des Pays Bas ont été livrés à deux établissements de fabrication d’ovoproduits de la Vienne et du Maine-et-Loire entre le 11 et le 26 juillet 2017 ». Des investigations sont en cours.

Un élevage français sous surveillance

Samedi toujours, seul un éleveur du Pas-de-Calais a signalé aux autorités avoir été informé le 28 juillet par un de ses partenaires belges que le produit incriminé « avait potentiellement été utilisé dans son élevage ».

Son élevage a aussitôt été mis sous surveillance, et « aucun œuf n’a été mis sur le marché », en attendant le résultat des analyses en fin de semaine, a précisé le ministère.

L’Allemagne avait haussé le ton vendredi soir. « J’attends des autorités compétentes qu’elles élucident [ce dossier] rapidement et minutieusement. En particulier la Belgique et les Pays-Bas en ont ici l’obligation », a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture Christian Schmidt au quotidien Bild.

Selon les médias belges et néerlandais, la société néerlandaise mise en cause aurait acheté son désinfectant en Belgique. L’avocat du vendeur a affirmé qu’il n’est pas responsable de l’utilisation potentiellement frauduleuse du produit. « Je pense qu’il est évident qu’un utilisateur professionnel doit vérifier pour lui-même […] ce qu’il peut (en) faire dans le respect des obligations légales. »

L’Allemagne hausse le ton

De son côté, l’Allemagne a appelé vendredi Belges et Néerlandais à mener une enquête « minutieuse » sur le frelatage « criminel » de millions d’œufs par un insecticide qui a conduit à des retraits de ventes massifs en Europe.

« Au regard de ce que l’on sait, quelqu’un a clairement procédé avec une énergie criminelle pour frelater [des œufs] avec un produit interdit », a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture Christian Schmidt dans un entretien avec le quotidien Bild.

« J’attends des autorités compétentes qu’elles élucident [ce dossier] rapidement et minutieusement. En particulier la Belgique et les Pays-Bas en ont ici l’obligation », a-t-il ajouté.

AFP