L’affaire des œufs contaminés au fipronil en rappelle une autre à l’ancien ministre de François Hollande : celle des lasagnes à la viande de cheval. « Il y a des réseaux qui fonctionnent et certains pays très organisés au niveau commercial et qui sont les derniers à donner les informations. Ce n’est donc pas l’Europe [qui est responsable, N.D.L.R.]. Et il faut au contraire que de manière collective, au niveau européen, on sanctionne ceux qui n’ont pas donné l’information rapidement. »

L’Europe hors de cause

Stéphane Le Foll défendait l’Union européenne face aux questions de Pierre Weil sur France Inter ce matin. Pour lui, l’Europe n’est responsable de l’affaire. « Vous voyez comment vous transformez [les choses, N.D.L.R.]. Est-ce que l’Europe est en cause ? Non. C’est le pays qui n’a pas donné l’information au réseau européen. Vous voyez bien que sur ce sujet, dire ce que vous avez dit, renvoie la responsabilité à l’Europe. »

Autre question du journaliste : les systèmes d’alerte sanitaire européens ont-ils bien fonctionné ? « Non, pas bien, constate Stéphane Le Foll. Si ceux qui sont les premiers concernés et qui doivent donner l’alerte, ne la donnent pas, tout le système prend du retard. Là, il y a un vrai sujet. J’ai vu que le ministre de l’Agriculture allait évoquer cela au prochain conseil européen, et c’est très important. Tout repose sur la fluidité et la transparence de l’information. »

« Un manquement à une règle de solidarité »

Et pour l’ancien ministre, il n’y a aucun doute sur la marche à suivre. « Dès qu’il y a un problème, il faut le signaler » pour que les services vétérinaires des États membres puissent agir. « Encore faut-il que l’information de départ soit bien donnée, insiste Stéphane Le Foll. Et là, il semble qu’il y ait eu des manquements. […] Ça me semble assez clair. Là, il y a un manquement à une règle de solidarité par rapport à des enjeux sanitaires qu’il va falloir absolument corriger. »