Le cabinet du ministre a mandaté deux inspecteurs généraux de la santé publique vétérinaire qui ont planché sur les facteurs de risques sanitaires de nature génétique pour chaque race. Dans quel but ? Pour établir des plans d’action visant à limiter l’impact des accidents sanitaires sur la sélection génétique de ces races.

« L’identification électronique des ovins est quasi totale, observent les deux rapporteurs. Elle doit être menée à son terme en donnant à chaque éleveur les moyens d’assurer une gestion électronique de son troupeau et de se donner les capacités de répondre aux demandes fluctuantes du marché. C’est aussi sur les aspects commerciaux que se repose la sauvegarde d’une race. »

  1. Une cryobanque

    C’est la priorité que fixe la mission : « Mettre en cryobanque nationale l’ensemble du patrimoine génétique ovin pour toutes les races menacées de disparition pour l’agriculture dans un premier temps et, dès que possible, pour toutes les races locales. »

  2. Revoir les données de la BDNI

    Les rapporteurs estiment que les données de la BDNI (base de données nationale d’identification) sont un bon support de travail dans le cadre d’une politique de sauvegarde des races. « Cependant, ces données doivent être revues afin de prendre en compte des informations raciales selon un protocole standardisé et automatique. Une meilleure rigueur dans le relevé des informations sera également nécessaire. »

  3. Mettre en place des plans de sauvegarde

    La mission pointe du doigt une difficulté : celle d’établir une liaison forte entre les renseignements des diverses structures de suivi et les données de la BDNI pour évaluer « la répartition géographique des races, leur évolution, leur localisation et leur valorisation économique ». Cette situation la conduit à recommander que « la mise en place d’un plan de sauvegarde des races face à un risque pathologique majeur ne soit pas établie avant la prise en compte des données raciales au niveau du recensement annuel ». Autrement dit, pas avant de savoir où sont localisés les animaux intéressants à conserver.

  4. Surveiller

    De façon générale, la mission recommande que la dimension épidémiologique soit prise plus largement en compte. Modéliser l’introduction et la dissémination de la maladie faisant l’objet de l’évaluation du risque, relève des missions de l’Anses. Pour y parvenir, celle-ci a besoin de connaître la répartition géographique des populations concernées, notamment les effectifs et les données raciales. Face aux risques qui pourraient survenir, la mission recommande le développement des actions de suivi avec notamment un appui fort à la Plateforme d’épidémiosurveillance santé animale.

  5. Géolocaliser les troupeaux

    La mission propose, « avant toute autre mesure de revoir les procédures actuelles de recensement annuel en y intégrant les données de géolocalisation des troupeaux avec les effectifs et les races qui les composent. Elles permettront de gérer spécifiquement les animaux en cas de crises sanitaires. »