Le ministère a décidé de relever le niveau de risque vis-à-vis de la maladie de « négligeable » à « modéré » sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, publiée au Journal officiel ce 17 novembre 2016, découle de la découverte de nouveaux foyers liés au virus H5N8 de la grippe aviaire dans des pays d’Europe, et à un avis rendu par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire).

Risque « élevé » en zone humide

C’est aussi la découverte de la maladie chez des oiseaux migrateurs dans les pays voisins, qui conduit le ministère à considérer comme « élevé », le niveau de risque dans les zones humides qui concentrent la faune sauvage et constituent des arrêts sur la route des oiseaux migrateurs. Il les désigne encore sous le terme de « zone écologique à risque particulier ».

Cette élévation des niveaux de risque conduit à la mise en place l’ensemble du territoire des mesures de biosécurité renforcées, définies par l’arrêté du 16 mars 2016. L’objectif est d’éviter toute incursion éventuelle de ce nouveau virus sur le territoire national.

Renforcement des mesures

Dans les zones où le niveau de risque est élevé, le confinement ou la pose de filets permettant d’empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages sont obligatoires et s’appliquent à tous les élevages de volailles qu’ils soient commerciaux ou non (basses-cours). Des dérogations sont prévues par l’arrêté pour les élevages commerciaux.

L’arrêté prévoit aussi des mesures spécifiques concernant les appelants utilisés pour la chasse au gibier d’eau, les lâchers de gibier à plumes ou de pigeons. Dans les zones écologiques à risque particulier, ces lâchers et déplacements d’appelants sont interdits.

Quant aux rassemblements d’oiseaux, ils font également l’objet de restriction. Les compétitions de pigeons voyageurs sont interdites.

Réaction des chasseurs

Dans un communiqué de presse diffusé le 17 novembre, La Fédération nationale des chasseurs (FNC) a regretté « eu égard à la responsabilité des structures de la chasse et des chasseurs dans la surveillance sanitaire de la faune sauvage- de n’avoir pas été consultée préalablement à la prise de ces décisions qui ne vont pas être sans conséquences sur l’exercice de la chasse ».

La FNC rappelle que « les chasseurs, principalement de gibier d’eau, sont appelés à faire preuve de vigilance et de civisme dans l’application de ces mesures et dans le rôle d’épidémiosurveillance. Elle attend de connaître les modalités de dérogations pour l’utilisation des appelants « conditionnées à l’application de mesures de biosécurité et pourraient prévoir des prélèvements sur les appelants en fin de saison de chasse ».