Amis éleveurs, réjouissez-vous : une « forte remontée des cours du lait et des matières premières laitières sur les marchés mondiaux est observée depuis la fin d’année 2016 », selon Bel (dans ses informations financières du premier trimestre, consultables ici). Au point de susciter aussi l’inquiétude de Savencia, qui évoque « l’incertitude » liée à « l’augmentation du prix du lait » dans un communiqué de presse (à lire ici), certes davantage destiné à ses actionnaires qu’à ses livreurs…

Plus prudemment, Danone évoque « une progression autour de 5 % du prix de ses matières premières stratégiques par rapport à 2016 » sur l’ensemble de ses zones géographiques. En Europe, le groupe prévoit « une hausse inférieure à 5 % » du prix du lait sur l’ensemble de l’année 2017 (à lire ici).

Des chiffres d’affaires en hausse

Le Groupe Bel a réalisé un chiffre d’affaires de 833 millions d’euros (M€) au premier trimestre, en hausse de 12,4 % par rapport à 2016. Ce bon résultat est permis par le rachat du groupe Mont-Blanc-Materne (MOM) acquis en décembre 2016. À périmètre égal en revanche, le chiffre d’affaires recule de 1,2 %.

« En Europe, l’activité du premier trimestre a été ralentie par la très forte concurrence entre les distributeurs, plus particulièrement dans le contexte de forte hausse des prix du lait et des matières premières laitières. Hors effet de périmètre, la croissance du chiffre d’affaires de la zone s’établit à +1,0 % sur le trimestre. » Néanmoins, il souligne que la hausse du prix du lait et des produits industriels laitiers (poudres et beurre) « pénalisera la marge opérationnelle de 2017 ».

Chez Savencia, ça va mieux : le chiffre d’affaires, à 1 150 M€, est en hausse de 11,7 % (soit 10,7 % si l’on exclut les effets des taux de change entre pays). L’activité fromagère enregistre une croissance de 5,7 %, et celle des « autres produits laitiers » de 17,8 % grâce à la hausse des cotations mondiales des produits industriels.

Quant à Danone, parmi ses quatre métiers (produits laitiers frais, eaux, nutrition infantile et nutrition médicale), c’est le premier qui accuse les moins bonnes performances. « Le métier des produits laitiers frais a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 2,3 %, intégrant une baisse de 5,3 % des volumes et une croissance de 3 % en valeur ». Aurait-il réussi à augmenter ses prix de vente ? Pour la nutrition infantile, les chiffres sont respectivement de +0,1 % et +4 %.

Dans ce panorama, il manque Lactalis. N’étant pas coté en Bourse, il n’a pas à fournir un était des lieux trimestriel à ses actionnaires. Néanmoins, sa filiale italienne Parmalat l’est. Et elle s’en sort plutôt bien. Selon Reuters, « Parmalat a annoncé une hausse de 11,3 % de son chiffre d’affaires net du premier trimestre, à 1,56 milliard d’euros ».

E.C.