« Un prix moyen du lait à 33,76 centimes/kg en janvier 2017 ne permet que de couvrir 77 % des coûts de production (rémunération du travail incluse). Ces derniers s’élevant à 43,74 centimes », précise l’EMB. Ces coûts en Allemagne n’ont que peu évolué au cours des derniers mois. L’EMB s’appuie sur une étude consacrée aux coûts de production (1), réalisée par le bureau d’expertise sociologique et agricole BAL (Büro für Agrarsoziologie & Landwirtschaft).

En revanche, le prix du lait a connu une légère amélioration en Europe ces derniers mois. Alors qu’il se situait encore en juillet de l’année dernière sous les 25 centimes par kilo (il était tombé sous les 17 centimes en Lituanie et aux environs de 22 centimes en Belgique), il est remonté entre 30 et 34 centimes au début de l’année 2017.

« Des signes avant-coureurs d’une nouvelle chute »

Mais cette remontée, « imputable au programme de réduction des volumes activé durant trois mois à la fin de 2016, ne peut se prolonger bien longtemps, redoute Romuald Schaber, le président de l’EMB. Dès aujourd’hui, les signes avant-coureurs d’une nouvelle chute des prix prolongée se multiplient, alors que d’autres hausses de prix seraient indispensables. »

Pour lui, « il importe que nous érigions rapidement un cadre législatif dans l’Union européenne, au sein duquel nous, producteurs, pourrons produire de façon responsable. » En l’absence d’un tel cadre, les producteurs seraient vite contraints, en raison de la faiblesse des prix, d’augmenter leur production même si une telle augmentation était néfaste pour l’ensemble du marché.

Des mesures de stabilisation automatiques

L’EMB interpelle donc le commissaire européen Phil Hogan et les ministres de l’Agriculture afin qu’ils mettent en place un instrument de gestion de crise inspiré par le programme de responsabilisation face au marché (PRM) élaboré par l’EMB.

« Un tel instrument de gestion de crise déclencherait automatiquement la prise de mesures de stabilisation telles que, par exemple, une renonciation volontaire des livraisons en cas de turbulences sur le marché, et l’Union européenne pourrait enfin gérer la crise chronique qui affecte le marché du lait », explique le communiqué.

E.C.

(1) Cette étude, commandée conjointement par l’EMB et le MEG Milch Board, effectue le calcul des frais engagés dans la production laitière allemande sur la base des chiffres de l’Union européenne. Elle se base sur les données du Réseau d’information comptable agricole de la Commission européenne (Rica), qui sont actualisées à l’aide des indices des prix d’achat des moyens de production agricole (tels que le fourrage, les engrais, les semences et l’énergie) de l’Office fédéral allemand de la statistique. L’étude a également recours à un paramètre des revenus permettant de calculer la charge de travail du gérant de l’exploitation et des membres de sa famille. Ces résultats sont publiés chaque trimestre.